Archive for octobre, 2010

30 octobre 2010

Ce que veut le peuple ce n’est pas le retrait de la réforme de retraites! C’est changer le monde!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Beaucoup de ceux qui sont descendus dans la rue ces dernières semaines, de façon violente ou pacifique, et en particulier beaucoup de jeunes, n’ont que faire des mots d’ordre syndicaux sur le « retrait de la réforme du système des retraites ».

Parce que quand on a du mal à arriver à la fin de la semaine, on a encore plus de mal à se projeter dans le futur!

Ce que veut le peuple, ce ne sont pas des réformes, mais un monde où l’économie se met au service des humains, et pas l’inverse!

« Vulimm’o Posto! » = On veut un travail!

Cette vidéo est tirée du film napolitain Aitanic, c’est un clin d’oeil au mouvement autonome des chômeurs de Naples.

A écouter avec le son à fond (qualité =  pourrie)!!

Nous sommes nés sur cette terre,
Mais personne n’a jamais pensé à nous,
Nous les Noirs de cette Italie Américaine,
Les jours passent vite,
L’espérance nous aide beaucoup,
Et vous aussi vous nous rendez la vie dure,
Comme si Margellina, le Vésuve et la Capodimonte n’étaient pas assez,
Nous avons le dos à la mer,
Et si nos poches sont vides,
On ne mange pas, on ne mange pas.

On veut du travail, on veut du travail,
Pour sortir de la galère nous avons besoin de travail,
On veut du travail, on veut du travail,
Ne nous enterrez pas sous votre argent,
On veut du travail, on veut du travail,
Faites vite car le vie est courte,
On veut du travail, on veut du travail,
Tout ce qu’on veut c’est un punaise de travail!

Comme les pierres sur ce chemin,
Nous avons passé tout ce temps à attendre,
Innocents et condamnés à «travailler dur»
Vous nous avez dit que les temps changent,
Mais les promesses ne remplissent pas l’estomac,
On en a ras la casquette de tout ça,
Nous sommes fatigués, tous les matins,
Quand la vie ouvre la porte,
D’attendre que passe le destin,
Parce que le destin est une chance qui s’achète,
C’est la fortune de qui l’achète.

Refrain

Publicités
28 octobre 2010

Matinée d’info-débat sur Frontex le 6 novembre à Calais

par Comité de Vigilance Antifasciste 62
Source : Indymédia Lille

Le samedi 6 novembre au cinéma Alhambra de Calais, 10h matinée d’info-débat sur Frontex, agence européenne de défense des frontières.

Merci de nous aider à diffuser le rendez-vous.

S’informer et réfléchir ensemble sur les actions possibles contre la machine à expulser.

Si vous avez des expériences à raconter, des infos à partager, des idées pour lutter ou juste envie d’en savoir plus, notez le 6 novembre sur votre calendrier et diffuser l’appel.

Rappel : http://noborder.org/crossing_borders/

FRONTEX est, à différents niveaux, le moteur de l’intensification du système répressif du contrôle des migrations, même au-delà des frontières de l’EU.

Dans sa mission de lutte contre l’immigration dite clandestine, Frontex est prête à accepter la mort de milliers de réfugiés dans la Méditerranée et l’Atlantique.

Ainsi Frontex est un des adversaires les plus importants dans notre lutte pour la liberté de circulation

intensifier et continuer Frontexplode :
- En organisant des moments d’infos, des expositions et des projections,
- En dénonçant Frontex publiquement dans chaque ville en Europe et ailleurs,
- En accusant les entreprises qui apportent leur équipement pour la surveillance des frontières, et
- En suivant et perturbant chaque évènement public auquel participent des représentants de Frontex et où ils tentent de justifier leur politique raciste.

http://frontexplode.eu/the-movie/

28 octobre 2010

Udokotela Shange Namajaha – Sobabamba (« On les aura »)

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

New Wave Zulu des années 80!

26 octobre 2010

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

24 octobre 2010

Circulation des marchandises, des capitaux et des ordures : d’Arras à Hersin-Coupigny, le vrai visage du « développement durable »

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le centre d'enfouissement technique d'Hersin-Coupigny, le deuxième plus grand de France

 

«La chose la plus compliquée, c’est d’imaginer l’économie dans toutes ses parties. Les flux financiers, les pourcentages de profit, les concentrations, les dettes, les investissements. Il n’y a pas de formes à visualiser, des choses précises à fixer dans son esprit.

[…] Peut être que la seule façon de se représenter l’économie en mouvement, c’est d’observer ce qu’elle laisse, d’en suivre les traces, les écailles de peau morte qu’elle laisse tomber sur son passage.

Les décharges sont l’emblème le plus concret de chaque cycle économique. Elles amoncèlent tout ce qui a été, elles sont la véritable suite de la consommation, quelque chose de plus que la trace laissée par chaque produit sur la croûte terrestre

Roberto Saviano, extrait de Gomorra.

On pense rarement à ce que deviennent les déchets industriels et ménagers (sauf quand on travaille dans ce secteur). Et pourtant les ordures ne disparaissent pas comme par magie une fois que le camion benne est passé. Etre matérialiste, c’est aussi s’intéresser à leur destinée.

Les établissements Lafflute à Dainville

Que deviennent les ordures de l’Arrageois? La communauté urbaine est discrète sur le sujet. Surtout depuis l’échec d’Arthélyse, dont nous aurons l’occasion de reparler. Tout simplement, la grande majorité des déchets part dans les camions de la société Lafflute de Dainville, pour être enterrée à Hersin-Coupigny dans le bassin minier, y compris une partie du tri sélectif : il ne suffit pas de trier, encore faut-il qu’il existe des possibilités de recyclage. Et quand le recyclage ne génère pas de profit, il est souvent inexistant. Capitalisme oblige!

Le Centre d’Enfouissement Technique (CET) d’Hersin-Coupigny se trouve sur le flanc d’une colline que l’on creuse pour y enterrer les déchets. Il est exploité par la société SITA FD, filiale du groupe GDF Suez. Dans la région, 60% des déchets ménagers sont enfouis. Et le site d’Hersin-Coupigny est le deuxième plus grand de France, il reçoit chaque année 400 000 tonnes de déchêts, dont certains sont toxiques. Du désodorisant est répandu sur le site pour tenter de dissimuler les odeurs.

Environ un tiers des déchets ménagers du Pas-de-Calais finissent leur course à Hersin. Mais pas seulement : par exemple, certains déchets proviennent du Luxembourg. C’est illégal, mais l’entreprise contourne le problème en les faisant transiter par un site du Valenciennois.

Roberto Saviano, dans son livre Gomorra, veut démontrer la nature capitaliste de la mafia napolitaine. Mais c’est le contraire qu’il faut faire : montrer la nature mafieuse du capitalisme!

Hersin-Coupigny est un village de 6000 habitants où le taux de chômage est de 25%. La filiale de GDF-Suez qui exploite ce site, réalise chaque année plus de 20 millions d’euros de bénéfice net. Sa contribution au «développement durable»? La production d’électricité à partir du «biogaz» émis par les ordures. Cette électricité est revendue au réseau EDF.

Voici une bonne définition du développement durable : une possibilité d’étendre le profit en transformant les «externalités», les résidus à priori non exploitables d’une activité, en nouvelle source de profit. Le «développement durable» n’annulera jamais l’impact du capitalisme sur la nature. Il ne peut que réduire très légèrement cet impact, sous la condition expresse d’une génération de profit.

Les partis de droite et de gauche, y compris Europe Ecologie,  qui défendent le développement durable, n’apportent aucune solution, car ils ne remettent pas en cause le capitalisme.

Il n’est donc pas étonnant que le thème du développement durable soit également repris par des groupes fascistes : la critique superficielle du capitalisme est leur fond de commerce.

Sachons aller au fond des choses, battons nous pour une nouvelle société : une société où l’on ne creuse pas des trous pour en remplir d’autres! Une société où la destruction de la nature n’est pas le moteur du progrès. Où les richesses permettent de couvrir les besoins de tous. Où chacun a une responsabilité égale devant son impact sur la vie.

C’est possible, car toutes les conditions matérielles sont réunies pour le faire.

22 octobre 2010

The Specials – Ghost Town (Ville Fantôme)

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Cette chanson des Specials parle des années 80 en Angleterre, les «années Thatcher». Elle décrit parfaitement l’atmosphère de l’époque, sur fond de chômage de masse et de divisions exacerbées au sein du peuple. Mais loin d’être défaitiste, c’est un message d’espoir qu’elle nous donne.

Soyons comme les Specials : ne nous laissons pas diviser, ne laissons pas nos villes, nos campagnes, devenir des lieux sans vie!

Cette ville est en train de devenir une ville fantôme
Tous les clubs ont fermé
Cet endroit, on dirait une ville fantôme
Les groupes ne font plus de concerts
Trop de bagarres sur la piste

Tu te rappelles le bon vieux temps,
Avant la ville fantôme?
On dansait, on chantait,
Il y avait de la musique partout
Dans cette ville champignon

Cette ville est en train de devenir une ville fantôme
Pourquoi les jeunes se battent entre eux?
Parce que le gouvernement les laisse sur une étagère
Cette endroit, c’est une ville fantôme
On ne trouve plus de travail dans ce pays
Ca ne peut plus continuer
Les gens sont en colère

Cette ville devient une ville fantôme X4

18 octobre 2010

Quand les fachos se mettent à parler picard, ch’est ch’déran héring qu’i carke ech beudet!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

En français, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase…

Nous avons déjà parlé d’Opstaan, un mouvement d’identitaires « flamands » basé dans le département du Nord. C’est donc tout naturellement que nous nous intéressons à leurs homologues un peu plus au sud, les identitaires picards du « Réveil Picard », le «mouvement des jeunes enracinés et identitaires de Picardie», lié de près ou de loin au Bloc Identitaire.

« tout l’gaule al est occupèe par ches socialisses et ches rascayes… »

Il existe des groupes antifascistes en région Picardie et nous ne prétendons pas nous substituer à eux. Mais le nord de la Somme et le sud du Pas-de-Calais se ressemblent beaucoup. Et les parlers qu’on appelle parfois le patois dans notre département, et le chti dans le département du Nord, ne sont rien d’autre que des variantes locales appartenant à une matrice linguistique commune : le picard, langue cousine du français et historiquement parlée sur une zone qui s’étend du Hainaut belge jusqu’à l’Oise (y compris à Lille, le QG des « flaminguants » d’Opstaan…)

Sur le nouveau site du Réveil Picard (toujours aussi moche que l’ancien), on trouve donc une présentation en picard intitulée «Ches picards sont lô», en français, «les picards sont là»:

Os sonmes in 2010: tout l’gaule al est occupèe par ches socialisses et ches rascayes….Toute l’Gaule? A y raviser d’pu prés: non, point toute! I reste ein poignée d’arbèleu qu’i n’ont point bachès leus bros dvant ches envahicheus et qui ch’est rangeue djêre ch’drapô picàr et ch’est mîse à prindre eul’dèfèdu d’l’identiteu de ché eux! Ches jones lô ches les propagandeus de ‘l’révèy-picàr (réveil-picard) qu’ont ben anvîe d’leur moutreu à ches èn’mi d’l’ô tans passeu qu’y a cor d’le vîe din ch’pays lô!
Os sonmes lô, os lâchra mîe, pasque eùç’ têre-là nos va bieu!
(texte dans un picard qui vient majoritairement du grand amiénois)

EN FRANCAIS:
On est en 2010, la France est occupée par les gauchistes et les racailles….Toute la France? En y regardant de plus près: non pas toute! Il reste une poignée de rebelles qui n’a pas baissé les bras devant les envahisseurs et qui s’est rangée derrière l’étandard picard et s’est mise à défendre son identité! Ces jeunes, ce sont les militants du réveil picard qui ont bien envie de montrer aux ennemis du temps passé (comprenez là: notre histoire, notre passé) qu’il y a encore de la vie dans ce pays!
On est là, on lâche pas car nous aimons cette terre!


Ah non. Ah non. Cela nous fait de la peine de voir la langue picarde ainsi malmenée. Un «texte écrit dans un picard qui vient majoritairement du grand amiénois», vous voulez rire?

Fascistes, sachez le, le picard n’est pas à vous, car c’est le peuple qui façonne les langues vernaculaires, grandes ou petites!

Que le «Réveil Picard» aille se renseigner un petit peu avant d’écrire n’importe quoi… Nous leur proposons notamment d’étudier cet exemple parlé du ″roubaignot″, variante linguistique roubaisienne du chti-picard.

Et pour ce qui est de la libération de la Picardie, eh bien nous conseillons aux identitaires la lecture du patrimoine littéraire picard. Notamment Konrad Schmitt alias Flip-Donald Tyètdégvau (noms de plume), un poète originaire de Buire-le-Sec dans le Montreuillois. En 1973,  il écrit «Ch’Conbaùt Feinal in Picardie»«La Lutte Finale en Picardie», à l’age de 18 ans. Nous vous en présentons ci-dessous quelques extraits avec la traduction en français. Schmitt mélange les parlers, de Buire-le-Sec et de Berck notamment. La transcription orthographique n’est pas normalisée, en partie pour des raisons d’expérimentation linguistique, et en partie parce que la langue picarde est tellement éclatée qu’il est difficile de mettre tout le monde d’accord sur une graphie commune.  On pourra constater que Konrad Schmitt a une toute autre vision de la libération picarde que nos apprentis identitaires picards, à qui nous conseillons de « repartir en stage », pour paraphraser quelqu’un:

(c’est nous qui soulignons)


Konrad Schmitt, autoportrait

… Ej m’avainche dusqua laù. Ch’ciu
ét bleu-we, pur, linpite. Ej m’évérni pi
m’trondéle din l’:érpe douche é-pi tére,
matcheignant
dés turots d’tous lés sœrtes. J’arbè
largh’mint l’luindeur. Ej sin qu’cho’t t:ére-laù ale ét
miènne. Cho’h hènne a s’toule acq l’éstase, acq
é’s sinsacion d’:ète adlipe. In mènme tènp qu’j’arfuse
ech sistènme ed traval forchè-ye, ed chés
contrintes, dech’l innui, j’àrfuse é’f
Frainche, ës’n étaùt polichié, ës tchulture
pouante, qu’ale inpose – dëwor é’f Frainche !

 

… J’avance jusque là, le ciel
est bleu, pur, limpide. Je me jette à plat-ventre et
me tords dans l’herbe douce et tendre, mâchonnant
des tiges de toutes espèces. Je regarde
largement le lointain. Je sens que cette terre là est
mienne. La haine se mêle à l’extase, à la
sensation d’être à l’aise. En même temps que je refuse
le système du travail forcé, des
contraintes, de l’ennui, je refuse la
France et son état policier, la culture
puante qu’elle impose – dehors la France !

Qu’viche cho’p Picardie ré:eunifiè-ye é-
pi délibérè-ye !… Mé a quoé qu’ch’ét qu’cha
sàrviroét d’àrvinditcheu-ye el libartè-ye,
ed crititcheu-ye ch’étant chl’étaùt frainchoé
pi sin colonnialisme, sains inpourprènne coére in plus’
ech fu d’cho’c critique a tous zz’aspéts dech’l
ayénacion ? Cha n’froét foque eque nous foére àrtchère
din zz’àrvindications flépeuses,
din ch’réjionnalisme, cha n’froét ch’étant foque
rincorcheu-ye ech povoér donminant.
A més piés in grand rindé d’airjilhe i déchind
dusqua énne œte pature. Ej dévale
ech rindé a grannë-z éganbè-yes, in mullant
d’tout min pu fort. Més braùs écarts is cach’t’ ech
l’étchilipe…

Vive la Picardie réunifiée et
délivrée!… Mais à quoi cela
servirait-il de revendiquer la liberté,
partant, de critiquer l’état français
et son colonialisme, sans faire encore se propager
le feu de la critique à tous les aspects de l’
aliénation? Ça ne ferait que nous faire retomber
dans les revendications parcellaires,
dans le régionalisme, ça ne ferait partant
que renforcer le pouvoir dominant.
A mes pieds, un grand talus d’argile descend
jusqu’à un autre pré. Je dévale
le talus à grandes enjambées, beuglant
de toutes mes forces. Mes bras écartés cherchent l’
équilibre…

…«Nan, cho’d détoule
pour ell éspéchifichitè-ye picarte,
a n’sairouét :ète ènne activitè-ye déssévrè-ye
dech mouvmint glœbal ed contéstacion
crititchant in-n actes é’v vie quotidhiènne,
aroéyant ‘f florijon d’chés consèls
d’ouvrés, pi ch’piétache d’ènne sociétè-ye
d’oùtojéssion jénéralizè-ye. »
Ech prè-ye i s’alardjit, i prind dés
diminsions éspaciales. L’cantrie d’chés moviards a’r
récoefe ech tcheur. Nadèche a m’prind m’màn-ye,
ëm’saque duchmint. Os mairchons insanne.
Ech calme inlourdinant i pàrtrit chl’érpe…

…«Non, le combat
pour la spécificité picarde
ne saurait être une activité séparée
du mouvement global de contestation
critiquant en actes la vie quotidienne,
amorçant la floraison des conseils
ouvriers, la mise en place d’une société
d’autogestion généralisée. »
Le pré s’élargit, prend des
dimensions spatiales. Le chant des merles ré-
chauffe le cœur. Nadège me prend la main,
me tire doucement. Nous marchons ensemble.
Le calme vertigineux pétrit l’herbe…

Quelques liens pour en savoir plus sur le chti-picard:

Liste de liens (sites, dictionnaires…)
L’art de conjuguer le verbe picard
Bibliothèque sonore (Real Player obligatoire)
Histoire du picard et de sa littérature

14 octobre 2010

« Les Vivants et les Morts », une grande saga sociale à la française?

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ce mois-ci France 2 diffuse les 8 épisodes de la série « Les Vivants et les Morts » réalisée par Gérard Mordillat, adaptée de son roman du même nom. Le tournage a eu lieu en partie à Hénin-Beaumont sur l’ancien site de l’usine Sublistatic, dont la fermeture avait déclenché un long conflit entre les salariés et la direction.

La série met en scène, sur fond d’occupation d’usine, la vie d’ouvriers qui luttent pour préserver leur outil de travail, face à l’annonce de la fermeture du site. On peut revoir les épisodes 4,5 et 6 en replay pendant une semaine, et la série sera rediffusée sur Arte dans un futur proche.

Germinal moderne?

Dans beaucoup de médias, on lit des critiques positives de la série. Un article du Monde Diplomatique qualifie le livre de « grand roman populaire« . Pour le quotidien « L’Humanité », la série est la « première grande saga sociale à la française« . Des internautes parlent même carrément de « Germinal moderne » et de « saga politique et sociale »! En tout cas la musique du générique fait vraiment « saga », on dirait du « Autant en emporte le vent »… avec des violons tout plein, et des grandes envolées lyriques (voir la bande annonce), et c’est émaillé de grandes phrases du genre « et n’oubliez pas, vous êtes ici par la volonté du peuple et vous n’en sortirez que par la force des baïonnettes! »

Alors, c’est quoi une grande saga sociale à la sauce France 2/Arte/ Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais? Hé bien tout simplement c’est un feuilleton bien français (comme « Le Château des Oliviers » par exemple), sauf qu’il met en scène, de manière tout à fait exceptionnelle, des prolétaires! Des prolétaires, des travailleurs, des gens du peuple, habituellement absents du petit écran dans l’univers de la série télévisée française, avec leurs amours, leurs soucis, leurs aspirations. Super, non?

En fait non, ça ne va pas du tout, le scénario accumule les clichés méprisants sur le peuple, et les incohérences : l’héroïne, une jeune femme prénommée Dallas, rêvait d’être chanteuse avant de travailler à l’usine et fait des fautes de grammaire bizarres. Elle est mariée à Rudi qui va devenir la « forte tête » de l’usine, et leur enfant s’appelle… Kévin, bien sûr. Ils n’ont pas de voiture mais viennent de faire construire une maison. Les ouvriers boivent beaucoup, et font l’amour dans leur usine entre deux rouleaux de non-tissé dès que l’occasion se présente à la pause. On n’a pas vu autant de réalisme social depuis « Plus belle la vie… » Mais ce n’est pas la faute des acteurs, qui s’en sortent plutôt bien, il faut le dire.

« J’ai tout vendu à des américains de Seattle, très puissants, très méchants »

Qu’en est-il de la prétendue  « critique du capitalisme » ? : tout ça, c’est la faute à la finance! Comme le dit lui-même le délégué CGT : « depuis 25 ans on est dirigés par des financiers, pas des industriels, et c’est ça le problème! » Ainsi, le directeur de l’usine est présenté comme un héro qui, en bon chrétien, va tout faire pour sauver l’usine (en licenciant des dizaines de personnes et en triplant les cadences). Le message : le pauvre, ce n’est pas de sa faute, il est en première ligne, il fait tout pour limiter la casse et il ne récolte que l’hostilité des salariés. Car il ne fait que suivre les donneurs d’ordre de la maison-mère au Luxembourg.  Plus tard, nous découvrons que même le grand patron de l’entreprise (Hoffermann, avec tout l’antisémitisme que ça suggère) est soumis à la volonté des actionnaires. Il a donc « été contraint » de vendre le groupe : « J’ai tout vendu à des américains et ils sont très méchants ». Là, on a vraiment trouvé la clé de voute de la série! Confirmée par le passage où Lorquin, un ouvrier mis à la porte, fait ses mots croisés. La narratrice nous dit : « a la définition ″n’est pas français″, la réponse était évidente : IMPOSSIBLE ».

Quel scénario : un patron de l’industrie bien français et chrétien, un financier avec un nom à consonance juive, une bonne dose de nationalisme chez les ouvriers, et toutes les classes sociales qui se serrent les coudes pour sauver l’outil de production : le maire, le préfet, le médecin, la journaliste de la Voix, le directeur de l’usine, le délégué CGT, les ouvriers, tous souhaitent que tout finisse pour le mieux. « Tous ensemble tous ensemble, Ouais! Ouais! » Car si on entend souvent les mots « patrons », « capitalisme » et même parfois « révolution », on n’entend pas une seule fois le mot « classe sociale ».

Et tout cela est censé être un discours « de gauche »… Quant au discours sur les femmes, il est complètement inconséquent : de nombreux passages de la série nous montrent des femmes qui se révoltent contre leur condition, qui en ont marre d’être les éternelles invisibles, comme Dallas, le personnage principal. Mais ce ne sont que de belles paroles : Dallas dit à son mari Rudi « je me sens comme morte quand tu n’est pas là » (!) Tout ça parce qu’il va faire le piquet de grêve pendant une nuit!! On pourrait multiplier les exemples…

Même attitude envers le racisme. D’un côté le scénario montre des ouvriers soudés qui ne veulent pas trahir leurs camarades d’origine étrangère, plus exposés aux licenciements. Mais de l’autre, on a un financier avec un nom juif, et le seul personnage à tenir des propos insultants à l’égard des femmes s’appelle Hashmi (« les Françaises, c’est toutes des salopes! »).

La série « Les Vivants et les morts » a couté quelques 10 millions d’euros, avec le soutien du conseil régional NPDC. Elle avait vocation à rivaliser avec le réalisme social de films comme « Les Virtuoses », qui parle de la grève des mineurs dans le nord de l’Angleterre.  Mais elle est à l’image de beaucoup de productions artistiques françaises « engagées » : elle décrit une organisation sociale qui ne déplairait pas à ses éléments les plus réactionnaires, alors même qu’elle croit porter un message émancipateur. De toute évidence le romancier/scénariste n’a pas compris que:

  1. Pour la révolution, il n’y a pas de subventions disponibles…
  2. Critiquer l’impérialisme américain ne dispense pas de critiquer l’impérialisme français.
  3. La société ne se divise pas en « vivants » (qui veulent garder leur dignité) et en « morts » (qui sont résignés et acceptent leur sort), mais en exploiteurs et exploités.
11 octobre 2010

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

8 octobre 2010

Calais : Des migrants agressés par des boneheads

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Des expéditions punitives envers les migrants ?

Source : Nord Littoral

jeudi 30.09.2010, 14:00

Plusieurs migrants se plaignent d’avoir été agressés par « des jeunes blancs au crâne rasé ». Une enquête est ouverte par le parquet de Boulogne.
« Ils étaient douze. Ils m’ont insulté et m’ont traité de « merde ». Cinq d’entre eux m’ont frappé. » Mustapha a de la chance, si on en croit le récit qu’il fait de son agression. Il se protège mais ne riposte pas. Une attitude qui a peut-être calmé ses agresseurs. Il ne souffre que de quelques ecchymoses et d’une grosse plaie à la lèvre. Le jeune Somalien a reçu un coup de poing américain qui lui a littéralement fendu la chair.
La blessure aurait nécessité plusieurs points de suture mais Mustapha a consulté un médecin trop tardivement pour qu’il puisse être recousu. Les faits remonteraient à quelques jours. « C’était dans la nuit de samedi à dimanche, près d’une station service du parc Richelieu, raconte Mustapha. Il était environ deux heures du matin. J’étais seul. » Aucune blessure grave
à déplorer Plusieurs autres Africains expliquent quant à eux s’être retrouvé face à une bande de « jeunes au crâne rasé ». Cette fois, les faits se seraient produits lundi, vers 18h30, au chemin d’Asfeld. Les Soudanais disent avoir été insultés et menacés par des jeunes tenant des barres de fer, des tessons de bouteille, des pierres, etc. L’altercation n’a pas fait de blessé.
Il y a trois semaines déjà, une troisième personne s’était présentée en larmes à des bénévoles qui viennent en aide aux migrants. Il avait reçu du gaz lacrymogène. Un « blanc qui n’est pas policier » l’aurait agressé.
Les fonctionnaires de la police aux frontières, à Coquelles, ont enregistré plusieurs dépositions de migrants, tous Africains – les Afghans ne semblent pas visés par ces agressions vraisemblablement à caractère raciste -. Le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer a ouvert une enquête.
Les témoignages des migrants qui se disent victimes d’agressions convergent. Ils mettent en cause une bande de jeunes au look skinhead qui s’en prendraient, en soirée ou en pleine nuit, à des migrants isolés. Fort heureusement, aucun migrant n’a encore été grièvement blessé. Aucune victime n’a non plus tenté de riposter avec force.

La cible : les Africains isolés
Seuls quelques coups ont pour le moment été échangés. On se souvient cependant d’épisodes passés ô combien plus dramatiques : des Kurdes tirés comme des lapins du temps de Sangatte, des Africains victimes d’expéditions punitives au Virval, ou plus récemment l’agression sauvage de plusieurs Erythréens par trois Calaisiens. Kesete, l’une des victimes avait d’ailleurs perdu un oeil !
A.TH.
Pour chaque occurence du mot skinhead dans cet article, il faut lire bonehead (NDLR).

  • Tout ça ne doit pas occulter le fait que d’ordinaire ce sont les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) qui tapent sur les migrants !
  • Et tant qu’on y est, pour boucler la boucle, rappelons que la compagnie de CRS 12, qui officie régulièrement à Calais, est basée à Lambersart, où est implantée la Vlaams Huis ou Maison Flamande, qu’on ne présente plus. Et qu’il existe des liens avérés entre la Vlaams Huis et la police (voir l’affaire des inculpés du 23 mai 2009, ici et ici et ici).