Archive for ‘Actualité’

28 novembre 2012

Le CVA62 devient l’AA62

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Cela fait maintenant plus de trois ans que le CVA62 a été créé. Aujourd’hui, nous sommes un groupe autonome du réseau Action Antifasciste. Ces trois dernières années ont été mouvementées, pleines de rencontres et d’initiatives.

Le fascisme est plus que jamais d’actualité. Le climat devient de plus en plus tendu et malsain, et il est désormais évident que l’existence de groupes  antifascistes autonomes est une nécessité absolue. Nous ne sommes qu’un groupe parmi d’autres.

Pour mieux refléter ce que nous sommes, le CVA62 devient l’Action Antifasciste 62. Vous trouverez désormais nos articles à cette adresse :

http://actionantifasciste62.wordpress.com/

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11 novembre 2012

Retour sur le procès de Seb et perspectives antifascistes

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le procès de notre camarade Seb vient de s’achever, le moment est venu de faire le bilan de la campagne de solidarité, et de la replacer dans son contexte.

Seb avait été arrêté le 17 juin à Hénin-Beaumont avec 5 autres camarades, peu de temps avant l’annonce du résultat du second tour des législatives.

En cas d’élection de Marine Le Pen, un appel à rassemblement avait été lancé : dans les rues du centre-ville d’Hénin-Beaumont, de nombreuses personnes attendaient les résultats, tandis que des effectifs policiers renforcés pour l’occasion étaient stationnés près du commissariat.

Pour les personnes avec qui nous avons discuté sur place, il était important de se regrouper dans le centre-ville ce soir-là, pour marquer une présence, et rendre visible l’opposition populaire locale qui existe bel et bien, face à la progression du fascisme.

Quoi de plus normal, que de refuser de laisser place nette en cas de victoire de Marine Le Pen?

Mais à l’évidence, pour l’Etat et sa Police Nationale, il aurait été préférable que la foule se disperse, que chacun rentre chez soi et qu’une atmosphère de couvre-feu s’installe dans les rues d’Hénin-Beaumont…

En effet, plusieurs témoignages nous ont permis d’établir que les controles d’identité musclés effectués peu avant 20 heures en plusiers points de la ville ciblaient uniquement les personnes qui, pour la police, ressemblaient de près ou de loin à des militants antifascistes ou « de gauche ».

C’est dans ces circonstances qu’a eu lieu l’arrestation de nos 6 camarades par un impressionnant dispositif composés de policiers en uniforme, d’agents de la BAC et de la DCRI, certains spécialement envoyés de Lille pour l’occasion.

Les 6 camarades ont été fouillés. Les policiers du renseignement, sortant leurs mains des sacs à dos, ont brandi triomphalement (et illégalement confisqué) des tracts et des autocollants…

Il est vrai aussi que certains camarades avaient osé pensé à apporter de quoi se défendre, dans l’hypothèse d’une agression par une bande de néo-nazis. Ce scénario n’est pas fantaisiste, pour la simple et bonne raison qu’il existe des précédents.

Mais pour les policiers sur place, cette arrestation représentait un coup de filet exceptionnel. Selon eux, « le pire venait d’être évité », car de toute évidence, les 6 camarades se préparaient à attaquer le siège du Front National!

Nous pouvons certifier que nos camarades marchaient tranquillement dans la rue et n’avaient aucunement une allure agressive, et pourtant c’est dans le cadre d’une affaire de « participation à un groupe violent et armé » qu’ils ont été menottés et placés en garde à vue pour la nuit au commissariat de Lens…

Puis, comme nous l’avons déjà relaté ici, l’arrestation a débouché sur deux chefs d’inculpation, et le procès de mardi dernier, dont le compte-rendu est visible ici.

Notre camarade Seb écope donc de 300 euros d’amende pour port d’arme de 6eme catégorie, et d’un mois de prison avec sursis pour refus de fichage ADN. Nous n’avons pas obtenu la relaxe, mais les peines sont moins importantes que celles requises par le procureur, ce qui prouve que la solidarité et la lutte ont pesé dans le verdict.

Un repas végan a été organisé pour collecter des fonds.

Mais que s’est-il passé dans le bassin minier depuis le mois de juin, pendant que l’Etat et ses bras policier et judiciaire étaient occupés à réprimer les militants antifascistes?

Le bassin minier est devenu un des enjeux prioritaires pour les diverses tendances du fascisme :

Il y a eu cet été le « week-end du Trident » à Auchel, organisé avec le concours de le Maison de l’Artois, une structure proche des fascistes de Troisième Voie et de la mouvance « solidariste ». Pendant deux jours, des bandes de néo-nazis ont paradé en ville, exhibé cagoules et masques de Hitler, et occupé un terrain municipal pour une partie de foot. Cette occupation de l’espace public par des fascistes a suscité un rejet total de la part de la population, mais on n’a pas vu l’ombre d’un uniforme de police à Auchel durant tout le week-end.

Ce n’est que trois mois plus tard, en octobre, que la dissolution de la Maison de l’Artois sera prononcée par l’Etat.

Il y a eu aussi en octobre un épisode judiciaire totalement passé sous silence par les médias bourgeois, alors qu’un journaliste de la Voix du Nord était présent le jour du procès: le Front National vient d’être condamné par la Cour de Douai à verser 14000 euros de dommages et intérêts pour usurpation d’identité, suite à un épisode de la campagne législative à Hénin-Beaumont, où deux militants frontistes se sont faisant passer pour des policiers et ont demandé à un jeune écologiste d’arrêter de distribuer ses tracts sur le marché.

Pendant ce temps, non contents de se faire passer pour des policiers, les militants du Front National profitent de la crise et des fermetures d’usine pour toucher la population ouvrière, et marteler son discours haineux et nationaliste.

Les groupes néo-nazis se structurent dans le secteur, et se rassemblent en nombre et au grand jour, à Lens, Douai, Libercourt…Il est de plus en plus dangereux d’afficher son antifascisme, tellement le risque d’agression est devenu élevé.

Voilà pour le contexte local. Et c’est là qu’on apprend que la ville de Toul en Moselle a accueilli le week-end dernier un rassemblement de 2000 néo-nazis. Selon France 3 Lorraine, « la Préfecture de Meurthe-et-Moselle et la mairie de Toul ne sont pas intervenues et aucun représentant de l’ordre n’était présent dans la salle pour constater les multiples infractions administratives et pénales : incitation à la haine raciale ou encore appel au meurtre.

Seuls des policiers et un renfort de la CRS 39 a été dépêché sur place pour éviter tout débordement en dehors du lieu de la manifestation. »

On voit ici clairement la tendance qui ne fera que s’accentuer dans le futur : l’Etat et la bourgeoisie penchent inévitablement en direction du fascisme. Les composantes les moins aggressives de la bourgeoisie auront beau rechigner à ouvrir un espace de plus en plus grand à des mouvances fascistes à leurs yeux peu fréquentables, mais objectivement cela ne changera rien. Dans ce contexte de crise généralisée du capitalisme, la bourgeoisie a besoin du fascisme et des fascistes pour « faire le sale boulot » et préserver ses intérêts. Le nationalisme et les valeurs fascistes font lentement leur chemin au sein du peuple.

En tant qu’antifascistes, nous n’avons rien à attendre de l’Etat, ni pour nous protéger, et encore moins pour freiner l’avancée du fascisme. Les agissements de la police à l’égard de nos camarades ne visent qu’à nous diviser et à nous faire passer pour des groupes violents et en marge de la société. Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour combattre les valeurs fascistes, en y opposant nos propres valeurs.

A nous, donc, de construire l’unité populaire antifasciste!

8 novembre 2012

Campagne de solidarité pour les antifascistes d’Hénin-Beaumont: communiqué suite au procès de Seb!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ce mardi 6 novembre 2012, Seb a été condamné à 300 euros d’amendes par le tribunal de Béthune pour le fait de port d’arme de 6ème catégorie le soir du second tour de l’élection législative à Hénin-Beaumont. Le tribunal a également condamné Seb à 1 mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN, comme l’a requis le procureur de la République.

Le tribunal n’a pas retenu les 2 mois de prisons avec sursis requis par le procureur pour le port d’arme de 6ème catégories. La peine de 300 euros et bien en deçà des dix ans de prison et 3.750 euros encourus.

Depuis la garde-à-vue où la police voulait retenir des faits de participation à un regroupement violent et armé, en passant par la mise en examen pour port d’arme en réunion, jusqu’à ce mois de sursis et cette amende de 300€, la pression de l’Etat n’a fait que diminuer. C’est le signe que la mobilisation et la solidarité antifasciste ont fonctionné. C’est la preuve qu’il ne faut jamais rester isolé face à la répression.

L’Etat voulait faire croire que les antifascistes sont des provocateurs qui cherchent la violence et le désordre : les faits ne font que prouver le contraire ! Ce sont les fascistes qui sont les partisans de la violence gratuite, du désordre et de la haine infondée. Les antifascistes se battent pour la justice, l’unité et la solidarité au sein du peuple.

Maintenant que Seb n’est plus inquiété judiciairement – si ce n’est ce sursis injuste qui plane au dessus de lui pendant 5 ans, nous devons continuer à nous mobiliser et faire vivre l’antifascisme dans le bassin minier. Le Front National ne cesse de se développer et la violence ou provocations fascistes continuent de se multiplier dans la région. Nous ne pourrons compter que sur nos propres forces et notre unité pour y faire face.

La conquête d’Hénin-Beaumont et de larges parts du bassin minier est un des objectifs prioritaires de l’extrême-droite qui voudrait faire croire que le nationalisme est une solution à la misère du peuple. Le procès de Seb n’était qu’une étape dans la longue bataille qui oppose et opposera de plus en plus toutes les personnes progressistes à la montée en puissance du fascisme et de sa terreur.

Vive la solidarité antifasciste,

Vive l’unité populaire antifasciste à Hénin-Beaumont, dans le Nord-Pas-Calais et partout en France !

Tous les documents et les communiqués de la campagne ICI

30 septembre 2012

Henin-Beaumont, au cœur de notre actualité antifasciste

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

C’est à Hénin-Beaumont que Seb, notre camarade antifasciste qui passera en procès le 6 novembre, avait été arrêté. Il tentait de se rendre avec d’autres antifascistes à un rassemblement pour protester en cas d’élection de Marine Le Pen aux élections législatives.

Ce jour là, l’État avait décidé de les empêcher de s’y rendre en les interpellant brutalement. Au même moment, Marine Le Pen manquait à quelques dizaines de voix près d’arracher le siège de députée de la 11ème circonscription du Pas-de-Calais. Alors qu’elle obtenait plus de 55 % des scrutins en sa faveur sur la seule ville de Hénin-Beaumont.

Ce qui se joue avec le procès de Seb est d’une importance majeure pour l’antifascisme dans la région. Ce n’est pas l’affaire d’une seule personne et de son entourage.

Objectivement, la situation ici est mauvaise pour les personnes qui refusent de se plier au racisme, au nationalisme et à l’agressivité des fascistes. La pression de l’extrême-droite est très forte et en plus de cela, les personnes de sensibilité antifasciste un véritable sentiment d’encerclement dans la vie quotidienne.

Au travail, au lycée ou en bas de chez soi , les valeurs fascistes sont de plus en plus répandues. Le repli sur soi individualiste est toujours plus assumé. Le culte du « mâle » fort et brutal est vécu comme un modèle positif pour beaucoup. Le nationalisme est de plus en plus ressenti comme une perspective pour sortir de la crise. Et le racisme est de plus en plus assumé ouvertement.

Sur le plan politique, les groupes ouvertement fascistes se répandent et n’hésitent pas à se montrer au grand jour. On pense, entre autre, au fasciste radical Serge Ayoub qui s’était invité avec quelques individus sur le marché de Henin-Beaumont pour les élections législatives. Ou alors à la provocation fasciste d’une pseudo « Maison des ouvriers » à Auchel en début d’année. Mais le pire fut certainement le « week-end du trident » cet été toujours à Auchel. Il avait consisté en une pure et simple invasion de la ville par des militants néonazis.

A coté des ces groupes qui évoluent à sa marge (mais dans la même direction), il y a la terrible offensive de Marine Le Pen. Le populisme et la démagogie pseudo sociale de Marine Le Pen fait un carton dans la région. Particulièrement dans les milieux prolétaires.

Le Front National a fait de Henin-Beaumont une sorte de laboratoire. Lors de la braderie début septembre, Marine Le Pen expliquait clairement qu’elle voulait « développer le modèle Hénin-Beaumont » et même « l’exporter » partout en France… Quand on constate le discours offensif, très « guerrier » de Marine Le Pen depuis la rentrée, notamment avec les provocations sorties lors de l’Université d’été du Front National destinées à plaire à la base raciste du FN, il y a vraiment de quoi s’inquiéter de cette volonté d’expansion.

D’autant plus qu’ici nous connaissons les moyens dont peut user le FN pour se développer. Certains de ses membres n’hésitant pas à se faire passer pour des policiers en civil sur le marché d’Hénin-Beaumont afin de chasser les progressistes comme on nous l’avait rapporté à l’époque. Ou alors pire, avec certains de ses jeunes qui n’hésitent pas à tomber à nombreux sur des personnes identifiées antifascistes pour les tabasser.

Dans ce contexte, l’arrestation des antifascistes à Henin-Beaumont le soir des élections législatives et le procès de Seb qui y fait suite ont une valeur symbolique particulière.

Actuellement, les personnes qui défendent le système capitaliste et ses institutions, mais qui ne sont pas favorable au fascisme (tout du moins pour le moment), ont peur de voir la situation exploser. EIles craignent de voir la situation leur échapper et les événements s’emballer. Selon ce raisonnement, il ne faudrait pas s’opposer aux fascistes et au fascisme car c’est cela qui le ferait se développer. En d’autres termes, l’idée serait de fermer les yeux en espérant que l’orage passe (quitte à s’aligner sinon…)

C’est clairement pour cette raison que l’État tente d’isoler puis écraser les antifascistes. Et c’est selon cette logique que la police avait clairement reçu l’ordre d’interpeller les antifascistes à Henin-Beaumont le soir du deuxième tour des élections législatives. L’État veut faire passer les antifascistes pour des fauteurs de troubles, des irresponsables attirés par la violence et le désordre. Le but est de nous isoler du peuple. 

Cette attitude de l’État sert objectivement le fascisme. Mais de toute façon, c’est quasiment chaque moment de la vie du système capitaliste s’effondrant sur lui-même aujourd’hui qui sert le fascisme. En cette période de crise du capitalisme, les fascistes profitent du désarroi et de la misère du peuple pour tenter de détourner sa colère : le nationalisme est une arme puissante pour empêcher la classe ouvrière de se libérer de ses chaînes.

L’État et la bourgeoisie évolueront inévitablement en faveur du fascisme. C’est dans leur intérêt. C’est un développement logique du capitalisme en crise. La bourgeoisie a besoin du nationalisme pour mobiliser le peuple derrière son drapeau et ses projets agressifs.

Selon nous, la question qui se pose aujourd’hui est celle de la préparation à la résistance antifasciste. Nous ne pensons pas qu’il y ait d’autre issue possible à la crise que l’explosion du fascisme.

Et nous savons que d’ici là, l’Etat tentera systématiquement de nous écraser si nous ne sommes pas assez fort et trop isolé du peuple. D’ailleurs, depuis l’arrestation de Henin-Beaumont, la police a continué à maintenir la pression contre les antifascistes, avec des convocations, des menaces, des intimidations ou des tentatives d’usurpation d’identité.

L’actualité autour de la ville de Henin-Beaumont a une importance particulière. Elle est un symbole de la situation présente et annonce les difficultés à venir. Pour autant, nous ne pensons pas qu’il faille se focaliser sur la seule ville de Hénin-Beaumont. D’autant plus qu’il existe dans la population locale un sentiment de raz le bol d’être comme « pris en otage » au profit d’intérêts qui dépassent la vie quotidienne. Les agitations du politicien Mélenchon n’ayant rien arrangé à cela.

Dans le fond, la situation de Henin-Beaumont est plus ou moins similaire à ce qui se passe dans toute la région. Si le fascisme se développe partout en France, il se développe dans une version particulièrement « populaire » dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Picardie.

Mais nous savons que le fascisme va se heurter à un mur : celui de ses propres contradiction. Le fascisme se développe car il apparaît comme une forme de lutte contre le « système », comme un combat anticapitaliste.Mais le fascisme ne veut pas renverser l’ordre capitaliste.

Au contraire, le fascisme est la pire expression des valeurs capitalistes : racisme, sexisme, haine, loi du plus fort, mépris des « faibles », oppression des prolétaires et destruction de la vie, des animaux, de la Terre.

A nous de développer nos valeurs et d’apporter des perspectives à la résistance antifasciste.

La vrai alternative, c’est celle qui s’opposera totalement à toutes les valeurs et la culture de la bourgeoisie.

Unité populaire contre les divisions fascistes !

Vive la résistance antifasciste !

25 septembre 2012

Soutien antifasciste pour Seb !

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le 17 juin 2012, six antifascistes étaient arrêté(e)s dans les rues de Hénin-Beaumont en se rendant à un rassemblement pour protester contre le risque d’élection de Marine Le Pen au second tour des élections législatives.

Plusieurs unités de police les ont interpellés de manière virulente avant d’atteindre le lieu du rassemblement. Les activistes antifascistes ont ensuite passé la nuit en garde à vue après avoir été menottés et embarqués. C’est finalement au commissariat de Lens que les activistes ont appris les résultats de l’élection.

Deux des antifascistes interpellé(e)s ce soir-là ont fait l’objet de poursuites judiciaires. Le premier, mineur, ne semble plus être inquiété pour le moment. Nous restons vigilants.

Seb par contre, sera jugé au Tribunal de Béthune le 6 novembre 2012. Il est poursuivi pour « port d’arme de 6ème catégorie avec circonstance aggravante qu’au moins une autre personne était aussi en port d’arme ». Il est aussi poursuivi, car il a refusé de se soumettre à un prélèvement pour un fichage ADN.

Par cette accusation, l’Etat veut faire croire que les antifascistes seraient des personnes pratiquant une violence gratuite et qui ne cherchent que le désordre. La réalité est que depuis des semaines avant le soir de l’élection, les militants fascistes du Front National et d’autres groupes radicaux – dont certains venus même d’autres régions de France – multipliaient les agressions et les pressions sur les militants de gauche en général et ciblaient plus particulièrement les activistes antifascistes. Des agressions de plus en plus violentes couvertes par les forces de répression de l’Etat.

Ce que l’Etat reproche à Seb et aux militants antifascistes est d’avoir oser penser à pouvoir se défendre en cas d’agression de la part d’une des bandes néonazies qui patrouillaient en ville.

Nous appelons à la solidarité populaire, nous encourageons toutes et tous les antifascistes à multiplier les actions de solidarité, à diffuser l’information et organiser des initiatives de soutien.

Car ce qui se joue là ne concerne pas qu’un individu. La conquête d’Hénin-Beaumont et de larges parts du bassin minier est un objectif prioritaire de l’extrême-droite. Et la criminalisation de l’antifascisme et l’instauration progressive d’un climat de terreur à l’encontre des militants progressistes font partie de cette stratégie.

Nous appelons à tout mettre en œuvre pour être le plus nombreux et nombreuses possible devant le tribunal de Béthune ce mardi 6 novembre dès le début d’après midi.

Nous faisons également appel à la solidarité financière car les poursuites judiciaires coûtent cher.

Solidarité avec les antifascistes d’Hénin-Beaumont !

Relaxe pour Seb au procès du 6 novembre !

Lien : http://solidarite-antifa-henin-beaumont.kazeo.com/

25 juin 2012

Solidarité avec les camarades d’Hénin-Beaumont!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le 17 juin à Hénin-Beaumont, des camarades ont été interpellés alors qu’ils se rendaient à un rassemblement antifasciste. Suite à cette interpellation, deux d’entre eux devront comparaitre devant la justice.

Le procès d’un camarade débute ce mercredi 4 juillet à 10h30 au tribunal pour mineurs de Béthune.

Nous tenons à réaffirmer notre soutien aux personnes inculpées. Nous serons à leur côtés tout le temps que durera la procédure.

Nous considérons que cette affaire est une affaire collective, puisqu’à travers ce procès ce sont tous les groupes et les personnes antifascistes autonomes qui sont directement visés.

Ce 17 juin, la mission de la police était clairement de protéger le local du Front National, et d’éviter tout mouvement à l’issue des élections législatives.

En effet, l’Etat et la Justice bourgeoise ne supportent pas que des individus puissent agir de manière organisée, en dehors des circuits de la politique politicienne qui ont tant favorisé l’implantation des fascistes, notamment et de manière emblématique à Hénin-Beaumont.

L’Action Antifasciste a mis en place une caisse de solidarité destinée à participer aux frais d’avocats des camarades antifascistes qui auront à comparaitre devant la justice.

Ce rendez-vous n’est que le début d’un long processus, au terme duquel nous demandons que les quelques charges qui pèsent sur nos camarades soient abandonnées.

Face à la montée du fascisme et à la répression de nos camarades par l’Etat bourgeois, solidarité antifasciste!

12 juin 2012

Rassemblement antifasciste le 17 juin à Hénin-Beaumont

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ce dimanche 17 juin aura lieu le second tour des élections législatives.

A Hénin-Beaumont et dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, c’est Marine Le Pen (FN) et Philippe Kemel (PS) qui vont s’affronter dans un duel très serré. L’issue du scrutin est incertaine.

Dans le deux cas de figure (défaite ou victoire électorale de Marine Le Pen), il y a des risques de perturbation de la part de l’extrême-droite.

Alors soyons nombreux lors de l’annonce des résultats, pour faire barrage au Front National !

Rendez-vous SANS DRAPEAUX NI BANNIERES, le dimanche 17 juin à 19h30 devant l’Hotel de ville d’Hénin-Beaumont.

Le Pen, facho, le peuple aura ta peau !

https://www.facebook.com/pages/H%C3%A9nin-Beaumont-est-Antifasciste/334582289925877

11 juin 2012

Premier tour des législatives : quelques remarques sur Hénin-Beaumont

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Il n’y a pas de quoi se réjouir:

Ce dimanche lors du premier tour des élections législatives dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen est arrivée largement en tête avec 42,36 % des voix , suivie par le candidat socialiste Philippe Kemel qui remporte 23.5 % des suffrages.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de Gauche,  arrive seulement en troisième position avec 21.48% des voix et a été éliminé.

Ce sont donc Marine Le Pen et Philippe Kemel qui s’affronteront lors du second tour dimanche 17 juin. Et l’issue du scrutin est très incertaine, elle dépend en partie des reports de voix du candidat de la « droite républicaine » Jean Urbaniak, maire de Noyelles-Godault (7,92% au premier tour) vers le candidat « socialiste » Philippe Kemel, (maire de Carvin et président de la plateforme logistique Delta 3 de Dourges).

On notera pour ce premier tour que le taux d’abstention (42,88%) est supérieur à la moyenne nationale, malgré toute la médiatisation qu’a engendrée le « duel » Le Pen-Mélenchon.

On notera également que la candidature de Jean-Luc Mélenchon n’a pas  eu l’effet escompté, qui était de présenter une personnalité politique suffisamment « prestigieuse » (et médiatisée) pour prétendre battre Marine Le Pen.

Non seulement c’était un pari risqué, mais aussi non dépourvu de conséquences en cas d’échec.

Certes tout cela met en relief la popularité dont jouit Marine Le Pen auprès d’une partie de la population, mais ce n’est pas l’aspect le plus important.

Avant tout, la défaite de Jean-Luc Mélenchon dresse le constat d’échec de toute démarche « antifasciste » qui se limite à une stratégie purement électoraliste:  on ne peut pas renverser la tendance en 4 semaines, et le combat antifasciste ne se limite pas à dénoncer la « vermine », c’est un long et patient travail, pour employer les grands mots, c’est une question de civilisation!

Même si le Front National dispose d’une base électorale  et de la « bienveillance passive » d’une partie de la population de cette circonscrition, son réservoir de militants est très limité. C’est pourquoi les personnes qui collent les affiches et distribuent les tracts du FN sont rémunérés (25 euros la mission).

De la même manière, pour se donner l’apparence d’une affaire qui roule toute seule, le FN est ainsi obligé d’user de tout un arsenal de méthodes qui sont au mieux malhonnêtes, et au pire digne des nazis. Infiltrations dans la campagne d’autres candidats, faux journalistes qui posent des vraies-fausses questions lors des conférences de presse, rondes de nuits, intimidation et passage à tabac de camarades… sont des faits avérés que nous avons pu constater ces dernières semaines. Le fascisme ne progresse pas que par les urnes…

Durant la campagne électorale on a pu voir également sur le marché d’Hénin-Beaumont des militants fascistes de tendance national-révolutionnaire (le mouvement Troisième Voie de Serge Ayoub) vendre leur journal, et des tracts « F de Souche » ont également été distribués.

Le fascisme est un mouvement : il n’est donc pas surprenant que d’autres mouvances du fascisme s’engouffrent dans la brèche ouverte par le Front National pour profiter de la couverture médiatique qu’il suscite…

Des médias au service du fascisme puisque presque tous les journalistes (presse écrite et télévision) présents à Hénin-Beaumont lors de l’annonce des résultats ont passé leur soirée non pas au bureau central jouxtant la mairie, mais… dans le QG du Front National quelques centaines de mètres plus bas.

Face à la barbarie qui monte, ne laisse rien passer, organise toi!

16 mai 2012

Hénin-Beaumont est antifasciste : une nouvelle page Facebook

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Bon boulot des camarades d’Hénin-Beaumont ! On est de tout cœur avec vous!!

Cliquer ici pour accéder à la page

28 avril 2012

Présidentielles : le vote ouvrier pour le Front National dans le bassin minier du Pas-de-Calais

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Un demi-million de voix pour le FN dans la région

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, ce sont au total plus d’un demi-million de personnes qui ont voté pour la candidate du Front National au premier tour des élections présidentielles. Cela représente une personne sur cinq en age d’aller voter.

C’est énorme. Marine Le Pen a ainsi gagné plus de 180 000 voix par rapport à son père lors de l’élection présidentielle de 2007. Cette percée du Front National est encore plus marquée dans le bassin minier du Pas-de-Calais, où Marine Le Pen dépasse dans presque tous les cas la barre des 25% de voix, avec un taux d’abstention relativement faible.

Chose impensable il y a encore quelques années, le Front National arrive en tête dans une trentaine de villes du bassin minier:

Hénin-Beaumont, Montigny-en-Gohelle, Drocourt, Rouvroy, Noyelles-Godault, Dourges, Harnes, Annay, Fouquières-les-Lens, Billy-Montigny, Courcelles-les-Lens, Evin-Malmaison, Mericourt, Bois-Bernard, Vendin-le-viel, Pont-à-Vendin, Estevelles, Bénifontaine, Meurchin, Wingles, Douvrin, Haisnes, Auchy-les-Mines, Vermelles, Mazingarbe, Grenay, Hersin-Coupigny…

Ces villes, administrées par des maires de gauche depuis des décennies, font partie d’une zone urbaine où l’habitat ouvrier est très concentré. Et c’est précisément là que le Front National a fait un carton…

Steeve Briois, secrétaire général du FN, a ainsi déclaré à la Voix du Nord :  « Nos plus gros scores, on les fait dans les soi-disant « fiefs » de Mélenchon« .

Les dirigeants et les cadres du Front National sont en général des bourgeois, mais leur implantation dans la région vise spécialement les ouvrierEs.

Nous n’avons pas de chiffres précis au niveau local, mais il est incontestable que beaucoup d’ouvriers (actifs ou chomeurs, des hommes en majorité) ont voté pour Marine Le Pen.

Vote Le Pen et vote Hollande

On peut constater que le vote Front National a été le plus fort à Hénin-Beaumont et environs. C’était prévisible puisque c’est la zone principale d’intervention du Front National (même si on ne peut pas réellement parler d’activisme autre que médiatique).

Cette tendance est aussi en train de gagner l’ouest du bassin minier (autour de Bruay-La Buissière), même si le phénomène est moins marqué à première vue.

Marine Le Pen est arrivée en tête presque partout en périphérie de l’agglomération lensoise : on voit que le vote FN le plus concentré décrit un arc-de-cercle autour de la « capitale du bassin minier ».

Si le centre de l’aggomération lensoise a relativement « échappé » au raz-de-marée du Front National, c’est pour 3 raisons intrinsèquement liées:

Sur un mur à Liévin à l'entre-deux-tours. Ambiance...

– un tendance générale au vote Hollande dans le centre des zones urbaines où la classe moyenne est plus concentrée. Si toutes les petites villes du bassin minier ne formaient qu’une ville de 300 000 habitants, Lens et Liévin en seraient le centre-ville.

– un fort clientélisme lié au Parti socialiste, dont nous avions déjà parlé, qui a assuré à François Hollande des scores confortables (35% à Lens, 38% à Liévin).

– un isolement plus grand en périphérie. Si on se trouve en bordure du bassin minier et qu’on cherche un peu d’animation, des commerces, des choses à faire, bref de la lumière et un peu de foule, il faut être mobile. Mais dans une cité minière, quelques kilomètres suffisent parfois pour avoir l’impression d’être « au bout du monde »…

Les projets de la bourgeoise locale ne font qu’accentuer ce sentiment d’isolement et d’abandon très répandu dans la population du bassin minier.

Derrière les projets de « rénovation urbaine » et du « Louvre-Lens », on sent bien une volonté de repousser la misère loin du centre. Le maire de Lens, Guy Delcourt a même déclaré en conseil municipal vouloir faire de Lens une ville « où les femmes de cadres ne s’ennuient pas« …

Organiser la résistance antifasciste

Un demi million de votes FN, dans une région de 4 millions d’habitants.

Parmi ce demi-million, beaucoup d’ouvrier-e-s et d’employé-e-s.

Quand le Font National fait de tels scores auprès des populations les plus touchées par la crise du capitalisme… Quand on vient d’un milieu ouvrier et qu’on a dans sa famille un oncle, un cousin, une sœur ou un conjoint qui a voté FN… Il n’est pas possible de dire que les ouvriers qui votent FN « sont tous des cons » ou « qu’ils regardent trop TF1 ».

Non, cela veut dire que la démagogie fasciste du Front National devient vraiment crédible aux yeux de la classe ouvrière en France. Le fascisme est un mouvement, avec une dynamique propre, et cela fait bien longtemps que le vote ouvrier pour le  FN n’est pas un simple « vote de protestation ».

C’est grave, très grave et c’est un changement historique important, nous rentrons dans une époque où les divisions au sein du peuple sont de plus en plus exacerbées.

En réaction aux coups portés par la crise du capitalisme, par une absence de perspectives, le repli nationaliste / identitaire apparait comme la solution la plus évidente, la plus à portée de main.

Il faut bien comprendre ce phénomène qu’est la montée du fascisme en milieu ouvrier, pour se donner les moyens de le combattre véritablement.

Car la solution alternative à la démagogie du Front National n’est pas simple, mais alors pas du tout.

Dénoncer le fascisme ne suffira pas à le faire reculer, il faut se donner comme tâche de faire ce que les fascistes ne font pas :

Quand les fascistes diffusent des idées réactionnaires dans le peuple, il nous faut au contraire diffuser une culture progressiste.

Là où les fascistes créent la division par le haut, il nous faut chercher à reconstruire une unité à la base, cela demande un travail lent et patient, et surtout de la modestie et une bonne connaissance du terrain.

Et là où le fascisme promet que « tout va changer pour que rien ne change », tout en amenant la barbarie, il nous faut avoir véritable un projet de société, qui ne laisse personne sur le bord de la route.