Archive for avril, 2011

24 avril 2011

La corrida inscrite au patrimoine culturel français : antifas contre la barbarie!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Cette semaine, le ministère de la culture a donné son accord à l’inscription de la tauromachie à l’inventaire du “patrimoine culturel  immatériel de la France”. C’est la “mission ethnologie” du ministère  qui dresse cet inventaire, afin d’assurer la “sauvegarde” de pratiques “vivantes” sur le territoire français. La France est le seul pays au monde qui ait donné une telle reconnaissance à la corrida.

Science, éthique et barbarie

Frédéric Mitterrand, le ministre de la “culture”, a précisé que cette décision n’impliquait  “aucune forme de protection, de promotion particulière ou de cautionnement moral” de la corrida. Pour André Viard, le président de l’Observatoire national des cultures taurines et principal lobbyiste du projet, cette décision obéit “exclusivement à des critères scientifiques” (!!). Sur le site France Corrida on invoque même “l’instinct offensif du taureau” pour justifier cette pratique…

Ces affirmations sont du grand n’importe quoi! Offrir une telle reconnaissance à une pratique barbare, c’est la cautionner moralement. Les déclarations de Frédéric Mitterrand en disent long sur le relativisme moral des institutions bourgeoises françaises en pleine décomposition, alors que la population dans son écrasante majorité souhaite la disparition de la corrida. Quant aux critères scientifiques, les voici : la corrida consiste à mettre à mort des taureaux après leur avoir inséré des piques sur une profondeur allant jusqu’à 30 centimètres, entraînant la rupture de nombreuses veines, artères, ligaments, nerfs, moelle épinière, et provoquant d’immenses souffrances. Les taureaux n’ont rien demandé à personne et l’ “instinct offensif” qui les prédétermineraient  à la corrida n’a rien de scientifique, il n’existe que dans la tête des défenseurs de la barbarie!

La corrida est pratiquée dans 60 villes du sud de la France. Mais, comme le rappellent nos camarades de l’Action Antifasciste Artois, la région Nord-Pas-de-Calais est aussi empreinte de traditions où les animaux sont exploités de façon sanguinaire à des fins de “divertissement” (combats de coqs, chiens ratiers…).

La corrida fait déjà partie du passé

Mélodie et Laura, deux lycéennes d'Agde, ont écrit une thèse intitulée "Corrida, Culture ou Barbarie?"

Le monde bouge, l’histoire avance, et les traditions sont faites pour disparaître. Dès qu’une pratique, culturelle ou autre, nécessite des mesures de sauvegarde, c’est qu’elle est déjà condamnée à disparaître depuis longtemps.

Mais ces dernières années on observe de la part de l’état français une volonté marquée d’empailler, muséïfier, patrimonialiser tout ce qui correspond à une certaine idée de la culture française, avec le mépris le plus complet pour les aspirations et les pratiques culturelles réelles du peuple. Cela a été le cas avec la gastronomie, que nous avions longuement évoquée, mais aussi du compagnonnage, un système d’organisation du travail héritée de la société féodale qui s’est mué en vitrine du néo-corporatisme et de la coopération pacifique entre classes sociales.

Aujourd’hui c’est la tauromachie qui est défendue par l’état français, alors même que la corrida est sur le déclin, que la Catalogne vient de promulguer son interdiction, et qu’une manif de jeunes pro-corrida a du être récemment annulée à Dax faute de participants.

Pourquoi vouloir cristalliser une telle tradition, si ce n’est par un refus acharné de se soumettre à la marche de l’histoire?

Des critères « ethniques »

Pour le ministère de la culture, “il s’agit d’un recensement ethnique d’une pratique factuelle”. Les aficionados de la corrida seraient donc une ethnie?

Cette phrase exprime le rejet de toute considération éthique, mais en plus de cela elle renforce une fois de plus une vision ethno-différentialiste de la société, qui serait organisée en “communautés” aux cultures diverses et imperméables les unes aux autres. C’est bien dans cet esprit que l’agence de presse fasciste Novopress aborde l’info de l’inscription de la tauromachie au patrimoine culturel français.

Le “concept” d’ethno-différentialisme a été largement développé par Alain de Benoist, un des principaux théoriciens fascistes contemporains. Cette vision du monde, qui ne repose sur aucune base scientifique, est principalement celle des fascistes “identitaires”, ainsi que de toute la mouvance fasciste, avec des nuances d’interprétation. Mais pas seulement : elle cherche à s’imposer comme grille de lecture “standard” de la société humaine.

Si les théoriciens du fascisme travaillent avec acharnement depuis des décennies à diffuser, vulgariser et populariser cette vision ethno-différentialiste du monde, c’est pour détruire l’idée d’universalisme, du rejet des différences et des clivages, de l’inéluctable rapprochement entre les peuples.

Si l’état bourgeois emploie de manière croissante le langage ethno-différentialiste, que ce soit pour « faire l’inventaire du patrimoine culturel » ou pour parler de “l’identité nationale”, c’est parce qu’il y a bien longtemps que la bourgeoisie française n’est plus porteuse de valeurs progressistes, en particulier de l’universalisme qui était autrefois sa marque de fabrique.

Donc il ne faut pas s’étonner que les institutions bourgeoises soutiennent des pratiques barbares, d’un autre age et baignant dans l’idéologie patriarcale, et qu’en temps de crise elles tombent le masque et adoptent les discours les plus réactionnaires, complètement à contre-sens de l’histoire.

Etre antifasciste, c’est choisir le camp du progrès, c’est s’opposer à toute forme d’exploitation, des humains comme des animaux!

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24 avril 2011

Caparezza – Della Parte del Toro

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

(Du côté du taureau)

Matador, tu me cherches, mais cette fois-ci c’est moi qui t’aurai
il n’y a plus de porte de sortie, mon ami, c’est fini, c’est toi qui a perdu
rengaine ton épée, car le sang dans le sable c’est le tien
tu sens les piques dans ton dos? car moi je suis…
du côté du taureau … olé !!

2 avril 2011

Marine Le Pen, Lampedusa et la « métaphore de la barque » vue du Québec

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le mois dernier, Marine Le Pen s’est rendue à Lampedusa au large de la Sicile en compagnie du néo-fasciste Mario Borghezio (Ligue du Nord) pour une « opération communication». L’objectif était de remettre au cœur du débat un des thèmes de prédilection du Front National : les flux migratoires. En effet l’île de Lampedusa possède un centre de rétention pour les migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée pour fuir la misère, c’est une zone de coopération entre l’état italien et Frontex, l’agence européenne de surveillance des “frontières extérieures”.

Marine Le Pen ne sera restée au total que trois heures sur l’île, les habitants l’ayant  « accueillie » en scandant des slogans tels que « Madame Le Pen dégagez avec Borghezio», « Le monde est en couleurs, faites vous une raison», « Tu n’es pas la bienvenue madame Le Pen» (une allusion au film « Bienvenue chez les Ch’tis») et « Lampedusa n’est pas raciste».

Devant les journalistes, Marine Le Pen a déclaré : «  Moi, si je n’écoutais que mon coeur, évidemment je proposerais [aux migrants] de monter dans ma barque, sauf que ma barque est trop frêle!».

Plutôt que de faire de longs commentaires sur cette métaphore typique de l’hypocrisie de l’impérialisme français, nous vous proposons un point de vue en musique sur un épisode oublié de l’histoire françaisee qui parle aussi de barque : la colonisation du Québec. C’est un dialogue entre Samian, un rappeur québécois issu de la minorité autochtone amérindienne algonquine, et Loco Locass, trois canadiens francophones dont les ancêtres avaient traversé l’Atlantique en bateau au départ de la France, il y a bien longtemps. Aujourd’hui la population du Québec est constitué dans son immense majorité des descendants des immigrants français arrivés en “Nouvelle-France” au 18ème siècle.

Samian feat. Loco Locass – “La paix des braves”

On veut mettre un pont entre les nations, confondre la culture, ignorer les préjugés, laisser parler la nature
La barrière entre les peuples, on veut la casser, on en a plus qu’assez, on est bien placés pour en parler,
On remonte le temps dans le pantalon de Cristophe Colomb qui découvre l’Amérique et tous ces peuples qui y habitent
On était pacifiques et encore même aujourd’hui, un homme blanc sur l’Atlantique qui rêvait de fuir son pays,
On fume le calumet de paix, sans rancune, on est capables de rester vrais même si on porte plus de plumes