Archive for avril, 2012

28 avril 2012

Présidentielles : le vote ouvrier pour le Front National dans le bassin minier du Pas-de-Calais

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Un demi-million de voix pour le FN dans la région

Dans la région Nord-Pas-de-Calais, ce sont au total plus d’un demi-million de personnes qui ont voté pour la candidate du Front National au premier tour des élections présidentielles. Cela représente une personne sur cinq en age d’aller voter.

C’est énorme. Marine Le Pen a ainsi gagné plus de 180 000 voix par rapport à son père lors de l’élection présidentielle de 2007. Cette percée du Front National est encore plus marquée dans le bassin minier du Pas-de-Calais, où Marine Le Pen dépasse dans presque tous les cas la barre des 25% de voix, avec un taux d’abstention relativement faible.

Chose impensable il y a encore quelques années, le Front National arrive en tête dans une trentaine de villes du bassin minier:

Hénin-Beaumont, Montigny-en-Gohelle, Drocourt, Rouvroy, Noyelles-Godault, Dourges, Harnes, Annay, Fouquières-les-Lens, Billy-Montigny, Courcelles-les-Lens, Evin-Malmaison, Mericourt, Bois-Bernard, Vendin-le-viel, Pont-à-Vendin, Estevelles, Bénifontaine, Meurchin, Wingles, Douvrin, Haisnes, Auchy-les-Mines, Vermelles, Mazingarbe, Grenay, Hersin-Coupigny…

Ces villes, administrées par des maires de gauche depuis des décennies, font partie d’une zone urbaine où l’habitat ouvrier est très concentré. Et c’est précisément là que le Front National a fait un carton…

Steeve Briois, secrétaire général du FN, a ainsi déclaré à la Voix du Nord :  « Nos plus gros scores, on les fait dans les soi-disant « fiefs » de Mélenchon« .

Les dirigeants et les cadres du Front National sont en général des bourgeois, mais leur implantation dans la région vise spécialement les ouvrierEs.

Nous n’avons pas de chiffres précis au niveau local, mais il est incontestable que beaucoup d’ouvriers (actifs ou chomeurs, des hommes en majorité) ont voté pour Marine Le Pen.

Vote Le Pen et vote Hollande

On peut constater que le vote Front National a été le plus fort à Hénin-Beaumont et environs. C’était prévisible puisque c’est la zone principale d’intervention du Front National (même si on ne peut pas réellement parler d’activisme autre que médiatique).

Cette tendance est aussi en train de gagner l’ouest du bassin minier (autour de Bruay-La Buissière), même si le phénomène est moins marqué à première vue.

Marine Le Pen est arrivée en tête presque partout en périphérie de l’agglomération lensoise : on voit que le vote FN le plus concentré décrit un arc-de-cercle autour de la « capitale du bassin minier ».

Si le centre de l’aggomération lensoise a relativement « échappé » au raz-de-marée du Front National, c’est pour 3 raisons intrinsèquement liées:

Sur un mur à Liévin à l'entre-deux-tours. Ambiance...

– un tendance générale au vote Hollande dans le centre des zones urbaines où la classe moyenne est plus concentrée. Si toutes les petites villes du bassin minier ne formaient qu’une ville de 300 000 habitants, Lens et Liévin en seraient le centre-ville.

– un fort clientélisme lié au Parti socialiste, dont nous avions déjà parlé, qui a assuré à François Hollande des scores confortables (35% à Lens, 38% à Liévin).

– un isolement plus grand en périphérie. Si on se trouve en bordure du bassin minier et qu’on cherche un peu d’animation, des commerces, des choses à faire, bref de la lumière et un peu de foule, il faut être mobile. Mais dans une cité minière, quelques kilomètres suffisent parfois pour avoir l’impression d’être « au bout du monde »…

Les projets de la bourgeoise locale ne font qu’accentuer ce sentiment d’isolement et d’abandon très répandu dans la population du bassin minier.

Derrière les projets de « rénovation urbaine » et du « Louvre-Lens », on sent bien une volonté de repousser la misère loin du centre. Le maire de Lens, Guy Delcourt a même déclaré en conseil municipal vouloir faire de Lens une ville « où les femmes de cadres ne s’ennuient pas« …

Organiser la résistance antifasciste

Un demi million de votes FN, dans une région de 4 millions d’habitants.

Parmi ce demi-million, beaucoup d’ouvrier-e-s et d’employé-e-s.

Quand le Font National fait de tels scores auprès des populations les plus touchées par la crise du capitalisme… Quand on vient d’un milieu ouvrier et qu’on a dans sa famille un oncle, un cousin, une sœur ou un conjoint qui a voté FN… Il n’est pas possible de dire que les ouvriers qui votent FN « sont tous des cons » ou « qu’ils regardent trop TF1 ».

Non, cela veut dire que la démagogie fasciste du Front National devient vraiment crédible aux yeux de la classe ouvrière en France. Le fascisme est un mouvement, avec une dynamique propre, et cela fait bien longtemps que le vote ouvrier pour le  FN n’est pas un simple « vote de protestation ».

C’est grave, très grave et c’est un changement historique important, nous rentrons dans une époque où les divisions au sein du peuple sont de plus en plus exacerbées.

En réaction aux coups portés par la crise du capitalisme, par une absence de perspectives, le repli nationaliste / identitaire apparait comme la solution la plus évidente, la plus à portée de main.

Il faut bien comprendre ce phénomène qu’est la montée du fascisme en milieu ouvrier, pour se donner les moyens de le combattre véritablement.

Car la solution alternative à la démagogie du Front National n’est pas simple, mais alors pas du tout.

Dénoncer le fascisme ne suffira pas à le faire reculer, il faut se donner comme tâche de faire ce que les fascistes ne font pas :

Quand les fascistes diffusent des idées réactionnaires dans le peuple, il nous faut au contraire diffuser une culture progressiste.

Là où les fascistes créent la division par le haut, il nous faut chercher à reconstruire une unité à la base, cela demande un travail lent et patient, et surtout de la modestie et une bonne connaissance du terrain.

Et là où le fascisme promet que « tout va changer pour que rien ne change », tout en amenant la barbarie, il nous faut avoir véritable un projet de société, qui ne laisse personne sur le bord de la route.

22 avril 2012

Premier tour des présidentielles : Marine Le Pen en deuxième position dans le Pas-de-Calais

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Nous ne sommes pas étonnéEs, à l’issue de ce premier tour des présidentielles, de voir arriver Marine Le Pen en deuxième position dans le Pas-de-Calais avec plus de 25% des voix, juste derrière François Hollande (27%).

Suivent Nicolas Sarkozy avec 23,5%, et Jean-Luc Mélenchon avec 10,5% des voix, qui réalisent tous deux des scores inférieurs à la moyenne nationale.

Une fois de plus le taux d’abstention dans le département (presque 30%) est supérieur à la moyenne nationale :  la participation a reculé de 6 point en 5 ans.

Ces résultats étaient à prévoir : quelle que soit l’issue des élections présidentielles (et législatives), nous constatons depuis longtemps la montée du fascisme, et le désintérêt croissant des masses pour les élections, surtout au sein de la classe ouvrière.

Le fascisme vise à neutraliser les masses, car elles seules peuvent contrarier les plans de l’impérialisme français. On ne peut donc pas lutter contre le fascisme sans construire l’unité populaire à la base, et cela demande beaucoup de travail et de persévérance, c’est un processus qui est politique, mais qui n’a rien à voir avec une campagne présidentielle.

La lutte contre le fascisme est un combat de tous les jours, aussi bien sur le plan politique que sur le plan culturel. L’antifascisme n’est pas un « milieu »,  ses valeurs doivent se propager dans la société toute entière.

C’est seulement à ce prix, en réalisant l’unité populaire à la base, que nous vaincrons le fascisme.

15 avril 2012

Ce dimanche 15 avril à Hénin-Beaumont, quelques heures avant le meeting du front National…

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

8 avril 2012

Zeev Sternhell – Les fondements du fascisme viennent de la France du XIXe siècle

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

 

3 avril 2012

L’AA Artois n’existe plus, bienvenue à VEAN

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Voici communiqué du groupe AA Artois, qui explique pourquoi ses membres estiment être parvenu au bout d’une démarche, et qui fait la présentation d’un nouveau groupe, VEAN (Vegan Edge Antifa Nord).

VEAN se donne pour mission de faire vivre la culture vegan straight edge : nous saluons cette démarche. En effet, l’antifascisme ne peut pas se passer d’une réflexion sur le mode de production capitaliste, sur la façon dont notre société traite les animaux et le monde vivant, et sur l’effet dévastateur de l’alcool et des drogues qui sont un véritable fléau pour les masses populaires:

Dans un article récent, nous avons expliqué qu’il ne faut pas faire de compromis avec ce qui nous tue. Cette position est la fin d’un chemin pour notre groupe tel qu’il est aujourd’hui.

L’Action Antifasciste Artois n’existe plus.

Quand nous avons commencé à publier sur ce blog, nous avons mis en avant la culture de résistance, la culture des ouvrierEs du bassin minier face au capitalisme et au fascisme.

Mais les contradictions sont partout où il y a la vie.

Les habitantEs du bassin minier portent aussi en eux des valeurs qui permettent au fascisme de s’étendre, de peser. En étudiant cet aspect, nous avons compris que le patriarcat et le mépris du vivant sont, au même titre que le racisme, parmi les voies qui permettent aux fascistes de mobiliser les masses. Nous nous sommes exprimés à propos de l’alcool, des traditions bourgeoises, de la drogue, notamment.

En étant sensibles aux évènements du quotidien de nos frères et soeurs de classe, nous avons pu cibler le capitalisme qui dégrade les conditions de vie, qui détruit les écosystèmes. En procédant à la destruction froide et industrielle de multiples formes de vie, le capitalisme écocidaire apparît comme une manifestation fasciste, il est un ennemi évident.

Nous nous sommes exprimés à plusieurs reprises à propos des animaux, de leurs conditions de vie dans le capitalisme et des assassinats qu’ils subissent.

Comme nous le disions dans notre présentation : « Dans ce qu’il convient d’appeler « la guerre du tous contre tous », nous accordons une importance centrale au sort réservé aux êtres vivants non-humains, à la nature. Nous pensons qu’il convient d’adopter un mode de vie « positivement positif », de rester « vrai », afin de lutter contre le fascisme, et de permettre  l’entr’aide et  le développement des pensées et actes progressistes. »

La culture vegan straight edge est aujourd’hui encore plus au coeur de ce que nous sommes, elle est un élément central de notre pratique antifasciste. Pour vivre pleinement notre culture, notre groupe doit évoluer. Nous ne pouvons pas continuer l’aaartois.

Nous assumons ce que nous sommes.

Nous sommes vean.

1 avril 2012

par Comité de Vigilance Antifasciste 62