Archive for mai, 2011

26 mai 2011

Leftfield & Roots Manuva – Dusted

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

8 mai 2011

Front National et désindustrialisation : quand les cadres commerciaux et les administrateurs de sociétés diffent à la sortie des usines…

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ces derniers jours, deux cadres du Front National local (Laurent Brice et Christophe Szczurek) ainsi que trois militants de base, ont distribué des tracts à la sortie de deux usines : la Française de Mécanique (FM) à Douvrin, et Apéram à Isbergues, une filiale d’Arcelor-Mittal qui produit de l’acier inox.

Ces deux sites industriels n’ont pas été choisis par hasard : à Apéram c’est la suppression de 250 postes qui est annoncée avec la mise en sommeil de la tôlerie « classique » au profit de la tôlerie « moderne ». A la FM, détenue à 50/50 par Renault et PSA, des licenciements sont à craindre car Renault a annoncé la délocalisation de la production de ses moteurs légers  en Espagne et en Roumanie.

Pour marquer le coup, deux vidéos (manifestement filmées en douce) ont été exhibées sur internet comme des trophées, le but étant de montrer que les militants du FN sont bien accueillis par les ouvriers.

En fait tout ce qu’on voit sur les vidéos, c’est que les ouvriers sont polis, et qu’ils acceptent tous le tract sans le regarder pour (éventuellement) le lire plus tard. Les seules réactions suscitées sont un « merci » pour quelques dizaines de tracts, et une petite conversation entre deux ouvriers qui fait:

– « Aaah les papiers, les papiers… Front Nationaaaal…woaaaaah… » (en mode mou)
-«Faut trouver une solution! »
-«Front National, ***** tu déconnes! »

Bref, quand on pense que ces vidéos sont des morceaux choisis, on se dit que ces tractages de sortie d’usine n’ont quand même rien de triomphal. De plus, les cadres locaux du FN ne sont pas les mieux placés pour s’adresser aux ouvriers : Laurent Brice, qui avait revêtu une chemise à carreaux et des santiags pour l’occasion, est cadre commercial (tout comme Steeve Briois, secrétaire général du FN ). Quant à Christophe Szczurek, qui s’est fait les dents au FNJ, il exerce la profession de… administrateur de sociétés!! Pas étonnant donc qu’ils s’entourent de militants de base pour aller tracter aux usines, car seuls ils disposent de zéro crédibilité auprès des ouvriers…

Toutefois il ne faut pas se voiler la face : le discours du Front National sur les délocalisations et la désindustrialisation rencontre un réel écho chez une partie de la classe ouvrière, qui subit de plein fouet les effets de la crise du capitalisme. Les salariés directement menacés par des plans sociaux sont donc une cible de choix pour le FN, qui compte sur l’adhésion des ouvriers à son projet au service de l’impérialisme.

Le FN a pour habitude de calibrer ses tracts en fonction du public visé : quand les tracts s’adressent à la petite bourgeoisie, (son véritable « coeur de cible »), outre l’immigration il sera surtout question de fiscalité, de soutien aux PME, à l’artisanat, etc… Mais dans le cas qui nous intéresse, les tracts  sont destinés aux ouvriers, ils parlent donc de sujets qui concernent les ouvriers : les délocalisations, le travail salarié, la concurrence internationale. Le projet fasciste, au fur et à mesure qu’il avance, a besoin de mobiliser les masses de la manière la plus large possible sous la bannière du nationalisme.

Que dit le tract?

« Ne laissons pas mourir nos industries, avec Marine le Pen, remettons l’économie au service des Français! » ou encore « Délocalisations = licenciements, une seule solution : la Nation!»

En réalité le FN n’a que faire des intérêts des ouvriers, son objectif est au contraire de casser la solidarité ouvrière internationale et de présenter le nationalisme comme une forme de solidarité interclassiste : « Après nous, le déluge, et les autres n’ont qu’à crever», ce slogan pourrait être une simplification, certes caricaturale, du discours nationaliste frontiste.

Le FN feint d’ignorer que le « mondialisme » qu’il passe son temps à décrier n’existe  pas tel qu’il le définit. Ce qui existe en réalité, c’est la circulation des capitaux  dans une économie mondiale capitaliste parvenue à son stade impérialiste. Cette circulation des capitaux ne ressemble pas à un maillage dense et harmonieux, elle est au contraire totalement asymétrique et s’effectue essentiellement entre les puissances impérialistes et quelques pays industrialisés.

Dans ce contexte mondial, la France est un pays impérialiste extrêmement riche et puissant. L’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles d’autres pays, ainsi que la conquête de nouveaux marchés locaux, est une énorme source de profit pour la classe capitaliste. Le FN prétend expliquer aux masses qui souffrent de la crise économique que la France est le petit Caliméro des pays industrialisés : en réalité, «l’intérêt supérieur de la nation française» ne peut pas exister, car le prolétariat et la classe capitaliste ont des intérêts totalement irréconciliables!

«Pour les élus FN, le moyen de sauver nos emplois est que les pouvoirs publics trouvent le courage de mettre le secteur économique au pas. Il faut rendre l’économie aux Français, la remettre au service de notre pays en retrouvant notre souveraineté nationale, notre monnaie et nos frontières.»

Mais dans une économie capitaliste, ce ne sont pas les institutions politiques qui mettent le secteur économique au pas : au contraire, c’est l’économie qui détermine le fonctionnement du système politique. Quand elle provient du Front National, cette défense d’un état planificateur ne peut signifier qu’une seule chose : l’expression de l’impérialisme le plus agressif, et donc la tendance à la guerre. La défense de l’emploi n’est qu’un argument destiné à mobiliser le prolétariat dans cette optique chauvine : c’est l’indispensable  volet social du projet fasciste.

Le FN tient le « mondialisme » pour responsable de la désindustrialisation de la France, mais il n’a jamais cessé de plaider pour la défense des intérêts de la France à l’étranger (que ce soit au sujet d’Airbus, de l’indépendance énergétique, de l’approvisionnement en uranium ou en nickel, de l’intervention militaire dans les zones présentant un intérêt stratégique, etc. etc…) Le Front National a toujours tenu des propos très agressifs en matière de politique étrangère, et ses idéologues savent très bien que la France n’est pas l’île de Robinson Crusoé, que sa puissance dépend du pillage de ressources à une échelle internationale.

De plus, l’argumentaire du FN occulte le fait que la désindustrialisation trouve davantage ses causes dans les gains de productivité, que dans la concurrence internationale et les délocalisations. Mais cela, le FN ne peut pas le dire, car sa raison d’être n’est pas de faire la critique du capitalisme.

«Il est urgent de lancer un vaste plan de réindustrialisation de la France, car un pays qui ne produit rien de concret est un pays condamné.»

Cette phrase est certainement la plus réussie de tout le tract : elle pourrait exercer une étrange fascination sur toute personne qui a du mal à envisager une société « tertiaire » où aurait disparu toute activité productive, tout travail de transformation de la matière. Elle parle directement aux prolétaires qui font l’expérience au quotidien de l’exploitation, de la précarité et du chômage.

Même si cette phrase est surtout lyrique, ses implications réelles sont effrayantes. Car en quoi pourrait consister ce vaste plan de ré-industrialisation assisté par un état planificateur? Un développement des secteurs du nucléaire? De l’armement? De l’industrie navale et aérienne de défense? C’est de la production concrète, mais ça ne présage rien de bon pour le bien-être des masses. Par contre cela ferait certainement le bonheur de EADS, Dassault, Alstom, Areva, Thalès, Safran, SNPE, DCNS et Nexter (ex-GIAT industries)… Ces entreprises sont toutes spécialisées dans le secteur de l’armement, et elles présentent un avantage : l’état détient déjà une partie de leur capital!

***

Nous aussi, nous voulons produire du concret, mais pas n’importe quoi! La production est au cœur des sociétés humaines, c’est elle qui détermine les conditions de notre existence. Nous voulons que tout le monde sans exception puisse travailler, produire et avoir une vie épanouie. Nous pensons que cela est possible sans détruire la nature, sans exploiter les êtres vivants. Cette société que nous voulons, les fascistes ne peuvent que la fantasmer, car leur projet est un projet de guerre, d’exploitation et de mort.


5 mai 2011

Systema Solar – « Sin Oficio » (Sans Travail)

par Comité de Vigilance Antifasciste 62