Archive for mars, 2011

29 mars 2011

Retour sur les élections cantonales, l’abstention et les scores du Front National

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Abstention

La première leçon importante que l’on peut tirer des dernières cantonales, c’est le désintérêt massif et croissant de la population pour les élections. Dans le Pas-de-Calais, on enregistre un taux d’abstention de 55% au premier comme au deuxième tour, contre 36% en 2004. Comme on le voit, la progression de l’abstention est énorme. Cela ne signifie pas que le peuple ne s’intéresse pas à la politique. C’est simplement un désaveu très clair des institutions « démocratiques » qui co-gèrent le capitalisme. Le sentiment général semble être que de toute façon, les grandes orientations politiques et économiques (du pays, du département…) échappent complètement au suffrage universel.

Si le vote n’offre pas de prise sur la réalité, s’il ne donne pas de vrais pouvoirs, eh bien, ça finit par se remarquer… Le système est rejeté par une grande partie du peuple qui ne va plus voter, les candidats de droite comme de gauche font des déclarations catastrophées aux médias sur le taux d’abstention, (tout en étant très mal placés pour se poser les vraies questions), et la « démocratie participative » continue son rôle d’accompagnement du capitalisme comme si de rien n’était, alors qu’elle est au bord de l’implosion.

Scores du Front National

La deuxième chose à retenir de ces élections cantonales, c’est bien sûr les scores élevés du Front National. Les candidats FN se sont qualifiés pour le deuxième tour dans 20 cantons, sur les 35 ou il y a eu un vote.

Même si aucun des candidats FN n’a remporté de siège dans le Pas-de-Calais, ces résultats doivent être un sérieux avertissement pour le futur. Car l’objectif, pour le parti de Marine Le Pen, c’est clairement la prise du pouvoir, avec en ligne de mire les présidentielles de 2012.

Dans le Pas-de-Calais, c’est sur le canton de Montigny-Hénin que le FN a réalisé son meilleur score au premier tour : c’est là qu’a fait campagne Steeve Briois, ex- et futur candidat à la maire d’Hénin-Beaumont. Si l’on y regarde de plus près toutefois, on s’aperçoit qu’il a réalisé un meilleur pourcentage qu’en 2004, mais en recueillant 55 voix de moins que lors des précédentes cantonales…

De cela nous devons tirer deux conclusions, apparemment contradictoires:

– d’un point de vue strictement numérique, il est erroné de parler de « déferlante » de votes FN, y compris à Hénin-Beaumont qui est pourtant le centre névralgique du FN dans le département. Briois n’a jamais remporté plus de 5504 voix dans cette ville de plus de 25000 habitants. C’est déjà beaucoup trop, mais cela revient à dire que 20000 habitants sur 25000 ne votent pas Front National à Hénin-Beaumont. Cette donnée est très importante pour comprendre le talon d’Achille de la stratégie du FN, qui se base sur un travail de terrain mais aussi sur les mécaniques du jeu électoral. L’heure n’est donc pas au défaitisme, mais:

la progression du FN n’en reste pas moins une tendance de fond, et le discours fasciste gagne du terrain dans le peuple. Le bassin minier du Pas-de-Calais est stratégiquement très important pour les fascistes, qui recherchent l’adhésion de la classe ouvrière à leur discours national et « social ». Et ce n’est pas la (relative) faiblesse numérique du FN qui l’empêchera un jour de gagner des élections, car bien plus que le nombre de voix ou le nombre de fascistes authentiques, c’est la pénétration des idées fascistes dans la société qui fait progresser le fascisme.

Que faire?

Dans le futur, on ne peut rien attendre de concret d’un énième « appel pour un front républicain » ou même d’un « comité de salut public« , comme l’ont évoqué respectivement le maire Europe Ecologie de Loos-en Gohelle et le chef de file du Modem sur Hénin-Beaumont. On a vérifié maintes fois dans le passé que ces stratégies bourgeoises d’alliance finissent toujours par se saborder elles-mêmes au gré des échéances électorales, et qu’elles n’apportent aucune solution au problème.

Ce qui fera la différence, c’est la capacité du peuple à s’organiser de façon autonome, pour combattre ce climat malsain et faire apparaitre le projet du Front National pour ce qu’il est : un projet impérialiste ultra-violent au service des intérêts de la bourgeoisie. Au projet fasciste, il faut opposer nos valeurs, notre projet de société à nous.

Le nationalisme, c’est la guerre!

Le racisme, le sexisme, le capitalisme, c’est le passé!

Le partage, la fraternité, la solidarité internationale, c’est l’avenir!

28 mars 2011

Ana Tijoux – 1977

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ana Tijoux est née en 1977 à Lille de parents chiliens fuyant le régime du général Pinochet. Adulte, elle retourne à Santiago et fonde le groupe Makiza, avant d’entamer une carrière solo.

Un gran homenaje a todos los antifascistas chilenos!

26 mars 2011

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

18 mars 2011

Drogues, fascisme et contrôle social: Fausto et Iaio, on ne vous oublie pas!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Il y a 33 ans jour pour jour…

Lorenzo Iannucci dit "Iaio"

Italie, 18 mars 1978 :  Fausto et Iaio sont tués par des néo-fascistes pour avoir enquêté sur un trafic d’héroïne

Fausto Tinelli et Lorenzo « Iaio » Iannucci ont 17 ans en 1978. Comme beaucoup de jeunes de leur génération, ils participent à la forte vague de contestation sociale qui traverse alors la société italienne. Mais surtout, ils sont en train de mener une enquête de terrain sur le trafic d’héroïne et de cocaïne dans leur quartier, un trafic géré par des organisations criminelles liées à l’extrême-droite milanaise. Avec les témoignages qu’ils recueillent méticuleusement, Fausto et Iaio sont en train de monter un dossier très important… et très gênant pour certains.

Le 18 mars 1978 à Milan en Italie, deux jours seulement après l’enlèvement d’Aldo Moro à Rome par les Brigades Rouges, Fausto et Iaio sont tués en pleine rue par trois hommes armés, alors qu’ils reviennent du Centre Social Leoncavallo. Leur assassinat sera revendiqué quelques jours plus tard par les NAR, un groupe néo-fasciste basé à Rome et lié à la Banda della Magliana, l’organisation criminelle romaine la plus puissante à l’époque.

Fausto Tinelli

Aujourd’hui encore, la lumière n’a pas été faite sur les circonstances précises de ce double homicide. Les contre-enquêtes viennent contredire les enquêtes menées par la justice italienne, et mènent aussi vers la piste des services secrets italiens. Ce qui est certain, c’est que tout aura été fait pour empêcher que la vérité soit établie. Et le dossier monté par Fausto et Iaio disparaitra mystérieusement après leur mort…

Les néo-fascistes au cœur du trafic d’héroïne

Pour comprendre l’histoire de ces deux enquêteurs de 17 ans, il faut absolument la remettre dans son contexte. Alors qu’en 1970 l’héroïne est pratiquement inconnue en Italie, elle deviendra en quelques années une drogue de consommation massive, au point de décimer la jeunesse italienne, y compris (et surtout) la plus rebelle. Dans les quartiers populaires des faubourgs de Rome, Milan, Turin, l’héroïne fait des ravages épouvantables en un laps de temps très court.

Entre 1971 et 1973, l’héroïne est lancée sur le marché italien dans ce qui s’apparente à une véritable opération de marketing (source), avec la bienveillance de l’état, qui mène une campagne anti-drogue tout en facilitant objectivement sa diffusion. Les amphétamines, puis la morphine, apparaissent successivement sur le marché, puis disparaissent brutalement à la faveur d’une pénurie artificielle. Puis l’héroïne commence à être écoulée de façon massive, d’abord à des prix très bas. Ensuite, quand ses consommateurs se comptent par milliers, les prix s’envolent…

Durant toute cette époque, les réseaux néo-fascistes italiens ont été amplement utilisés comme circuits de diffusion des drogues dures. Il est avéré que l’implication de ces mouvements néo-fascistes dans les trafics d’héroïne dans des villes comme Rome ou Milan, s’inscrivait dans une véritable stratégie d’atomisation de la jeunesse prolétaire, avec l’appui de la bourgeoisie. Cette génération,  qui se caractérisait par une volonté marquée de transformer la société, a subi de nombreuses pertes de vies humaines à cause de l’héroïne. Les drogues, d’une certaine façon,  ont été un instrument plus efficace que la répression policière pour désintégrer le tissu social dans lequel se développaient les aspirations révolutionnaires du peuple.

Drogues et contrôle social

Les drogues, légales ou non, en plus d’être une grande source de profits pour les capitalistes, sont des instruments de contrôle social très efficaces. Cela, les fascistes l’ont très bien compris. Ils ont compris, de leur point de vue, quelle est l' »utilité sociale » de la consommation de drogues. Tout en renvoyant chacun à ses responsabilités individuelles face à la dépendance, ils se présentent comme la solution à cette crise morale, et masquent les causes réelles d’un phénomène qui ne peut être compris que si on regarde la société dans son ensemble.

Il n’est donc pas étonnant que, plus près de nous, dans la France de 2011, les fascistes fassent l’apologie de l’alcool, la France étant le pays du vin et de l’apéritif. Tout en fustigeant hypocritement les utilisateurs d’autres drogues, ils vouent un véritable culte à l’alcool, un drogue dure de tradition 100% française dont l’usage est totalement banalisé.

La façon dont nous choisissions de nous détruire – ou pas -, n’est pas une question d’ordre individuel! C’est l’affaire de tous! Cela, Fausto et Iaio l’avaient parfaitement compris. Ils ont perdu la vie car ils effectuaient un travail de réflexion très important.

« No drugs, no alcohol, to get the signal clear! »

14 mars 2011

Dub Inc. – Métissage

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Libre de vivre en laissant en bas
Les regards hostiles, enfant de la terre regarde en toi
Ils ne sont pas crédibles, la génétique défie ces lois
Tets A.D.N. bientôt des recherches pour la foi
Human race…

Citoyens du monde, restons groupés.
Que les nationalistes soient débarqués
Car ceux-ci ne voient pas que le monde a déjà changé
Et que même leur sang s’est maintes fois mélangé
Il n’ya qu’une seule race, celle de l’humanité
Le monde est un village fait de communautés
Si les frontières s’effacent, ne sois pas effrayé
Nos gènes s’entrelacent, c’est pour évoluer !

11 mars 2011

Lutte contre l’agression publicitaire du Front National

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Avertissements de sécurité d'un détendeur GDF qui étaient masqués par des affiches du FN

Les villes et les campagnes sont régulièrement enlaidies par des invasions de publicités de mauvais goût, comportant des slogans débiles et des couleurs tape-à-l’oeil.

Non contents de donner la nausée aux passants et aux automobilistes, les afficheurs du FN prodiguent généralement ces dégradations barbares à notre espace visuel en toute illégalité, sur des supports où l’affichage est puni par la loi.

Cette justice si prompte à condamner les jeunes artistes muraux du mouvement Hip Hop, semble bien démunie devant ces publicitaires de la haine.

Contre tant d’incivilité et face à l’impuissance de nos forces de répression étatiques, reprenons donc les choses en main, et redevenons des citoyens responsables: arrachons, maculons, défigurons, détournons, bref éliminons cette salissure de nos murs !

Nous allons essayer d’illustrer dans cet article différentes options qui s’offrent à nous selon les cas de figure, et essayer d’en évoquer les principaux avantages et inconvénients.

1- Les flics protègent l’affiche

Option 1 : Les flics protègent l'affiche

Les flics protègent l'affiche

La solution la plus évidente dans ce cas est de ne rien tenter, et de repasser plus tard pour voir si les policiers montent toujours la garde.

On est tout de même en droit de s’étonner de voir les cognes protéger un affichage illégal sur ordre de leur supérieur hiérarchique, mais ça c’est un autre sujet, plus broussailleux.

2- Les autocollants, techniques de base

Technique mixte : grattage et recouvrement

Les autocollants sont un problème que l’on rencontre régulièrement au coin de nos rues, et peuvent s’éliminer de diverses manières, lorsque la solution simple du décollage s’avère impossible.

La plus classique est le grattage, qui s’effectue avec une pièce de monnaie, une clé ou tout autre accessoire métallique pouvant faire office de grattoir. Les ongles sont généralement à déconseiller, par risque de blessures et par manque d’efficacité.

Rapide, cette technique laisse pas mal de résidus, ce qui peut être visuellement intéressant, attention toutefois de bien s’acharner à détruire le message publicitaire.
Elle peut dégrader les supports peints ou fragiles, il faut le noter.

Le recouvrement nécessite de disposer d’autocollants d’un meilleur goût que les autocollants polluants, c’est une technique usitée chez les militant-e-s .

Les avantages principaux de cette technique sont sa rapidité et son aspect « alternative visuelle ». Son défaut majeur est qu’un autocollant collé sur un autre, hé bien ça tient mal…

3- Autocollants: techniques « graphiques »

Destruction à la peinture

Destruction au feutre Posca

Restent enfin les techniques « graphiques » plus classiques, qui se pratiquent à l’aide de marqueurs ou de bombes de peinture. La technique au pinceau, rudimentaire et encombrante, est peu adaptée à notre époque moderne.

Les feutres « Posca » larges sont un bon matériel, ils donnent une grande liberté dans le mode de recouvrement, ils peuvent permettre l’inscription de symboles ou de slogans en remplacement de ceux d’origine, aussi bien qu’un maculage rapide et peu élaboré (illustration ci-dessus).

Ils permettent en outre de rester dans la légalité, en ne débordant pas du support à éradiquer. Pour plus de gaîté, variez les couleurs ! La polychromie peut aussi s’envisager (pour les esthètes uniquement).

Reste le versant abstrait et agressif des techniques à la peinture: le maculage débordant. Particulièrement adapté aux cas d’infestations massives, il se pratique à l’aide de bombes aérosol ou de sprays.

Là pas de détail, on remplace l’autocollant délictueux par une grosse tâche abstraite qui déborde et dégouline.

Loin d’être du meilleur effet visuellement, c’est une arme de sensibilisation des pouvoirs publics, en cela qu’elle pourrit le support d’affichage plus encore que l’autocollant à effacer. Pour illustration, voir les photos « guerre pigmentaire II » plus loin dans cet article. A noter (évidemment) que de tels débordements sont susceptibles d’être réprimés par la justice.

4- Affiches: techniques « amateur »

Affiche dégradée au marqueur

Affiche dégradée au marqueur

Ces techniques se pratiquent généralement au feutre « Posca » large, au marqueur indélébile ou au stylo.

D’une efficacité plus que limitée en matière d’obfuscation de l’affiche, elles sont par contre très riches en matière d’inspiration et de possibilités artistique (détournement, graphisme, slogans, poésie, caricature, etc.)

Chacun ses outils, chacun son tour

Chacun ses outils, chacun son tour

Elles permettent également de laisser le champ libre à d’autres artistes qui pourront ainsi rajouter leur touche à votre oeuvre.

5- Affiches, la méthode de choix : l’arrachage

Arrachage simple

Arrachage simple

Les affiches du Front National c’est comme les champignons : ça pousse toujours au même endroit, et lorsqu’on trouve un nid on est sur d’en trouver d’autres à proximité.

La méthode la plus classique d’élimination de ce péril optique est bien  évidemment l’arrachage, méthode rapide, expéditive et discrète à la fois.

Dans les cas faciles tout au moins. Les cas difficiles seront évoqués dans le point suivant.

Lorsque le support ne la supporte pas, que la colle ne colle pas, que l’afficheur a mal affiché, ou bien quand l’affiche est fraîche ou détrempée,  l’arrachage est un jeu d’enfant, il suffit de trouver une prise (bulle d’air, bord décollé…) pour qu’elle vienne facilement, dans le pire des cas en plusieurs lambeaux.

Arrachage par lots

Arrachage par lots

Un cas de figure tout aussi agréable est celui des arrachages par lot de ces accumulations d’affiches collées les unes sur les autres, parfois sur des centimètres d’épaisseur.

Il est alors aisé d’arracher une des affiches du dessous, qui entrainera avec elle les vilaines photos du dessus qui nous gâchent le paysage.

Si on travaille assez salement, il reste alors plein d’irrégularités d’épaisseur d’affiches, qui permettront de compliquer et de rendre moins efficace le prochain affichage nauséabond  à cet endroit. Et par voie de conséquence, qui faciliteront aussi son arrachage ultérieur.

Un outil intéressant pour ces arrachages en particulier est un gros tournevis plat, large, à longue tige.

Il permet de transpercer les couches d’affiches supérieures, de décoller, de prendre prise et de déchirer les couches d’affiches inférieures en faisant levier, ce qui a pour effet d’entrainer de plus grandes épaisseurs d’affiches d’un coup, et d’augmenter encore l’irrégularité du résultat final.

Les détritus biodégradables résultant de ces arrachages peuvent être laissés au sol, pour signifier par exemple aux agents municipaux que vous avez fait leur travail à leur place. Et que pour ne pas leur voler leur boulot, vous leur laissez le bordel à ramasser…

Pour les plus écolos d’entre nous, vous pouvez évidemment vous munir de sacs poubelles pour ramasser et déposer ensuite ces ordures où que de droit. Cela sera sans doute un point positif en cas de contrôle de votre activité par la maréchaussée.

Restent enfin les cas d’affiches problématiques: celles qui collent bien, et celles qui sont hors de portée. Une seule solution dans ces cas, la guerre pigmentaire !

6- Guerre pigmentaire I : les cas courants

Affiches peintes : mode artisanal

Affiches peintes : mode artisanal

Malheureusement, parfois le support supporte, la colle colle, le colleur sait coller, il n’a pas plu, et il n’y a pas d’affiches sous-jacentes pour aider à l’arrachage.

Dans ce genre de cas l’arrachage prend entre 5 minutes et un quart d’heure, ce qui n’est pas de bon aloi dans notre société où la productivité est de mise.

La seule solution revient encore une fois à nos amis les pigments. Bombes de peinture et sprays d’encre sont des outils adéquats et rapides.

Dans l’exemple en photo ci-dessus l’artiste a fait un travail éclair, qui met bien en valeur le regard vénéneux de notre modèle, tout en éliminant les grossièretés graphiques et typographiques d’une manière épurée et linéaire.

Dans le même esprit voici une autre oeuvre qui comporte un aspect de challenge quantitatif, assez brillamment dépassé :

Affiches peintes : mode industriel

Affiches peintes : mode industriel

Dans sa fougue qui l’emportait l’artiste aurait-il par contre oublié une moustache, ou s’agît-il d’une omission volontaire, nous ne le savons pas.

Toujours est il qu’il a su transcender l’impression de linéarité qui apparaissait dans l’oeuvre précédente, pour le plus grand bonheur des petits et des grands.

Avant de passer aux cas extrèmes, notons que sur des quantités plus artisanales de recouvrements à la peinture, un allié de poids en matière artistique peut être notre ami le pochoir, qui permet de faire des travaux à la finition plus précise et formatée.

7 – Guerre pigmentaire II : Les cas extrèmes

Cas extrème en début de traitement

Cas extrème en début de traitement

On voit souvent fleurir des affiches hors de portée, collées sur des supports lisses en hauteur, et pour lesquelles les seules solutions sont l’escalade ou le barbouillage à distance. La deuxième solution s’impose évidemment lorsque l’escalade est impossible (piles de ponts par exemple), nous n’évoquerons donc que celle là.

Cette technique de barbouillage à distance nécessite un minimum de matériel :

-pour les maniaques de la finition : un rouleau de peinture à manche télescopique de 3 mètres, et le pot de peinture qui va avec (méthode antique).

-Pour les autres, un pulvérisateur horticole/agricole et un mélange pigmenté liquide (peinture et/ou encres) (méthode moderne).

La méthode antique se passant d’explications, abordons directement la méthode moderne, le maculage débordant en altitude :

Il existe dans le commerce des pulvérisateurs pour plantes, où plutôt que d’appuyer répétitivement sur la gâchette pour pulvériser, on pompe de l’air qu’on injecte dans le pulvérisateur avec un piston pour le mettre en pression. On n’a plus avec ces machines merveilleuses qu’à appuyer sur la gâchette pour avoir un flux continu de liquide tant qu’il y a de la pression.

Lorsque le gicleur de l’appareil est réglé sur gos débit (dévissé), on a alors l’équivalent professionnel des pistolets à eau à piston si appréciés des gamins, avec une portée variant de 4 à 6 mètres selon la qualité du matériel et la viscosité du mélange pigmenté.

Cas extrème en fin de traitement

Cas extrème en fin de traitement

Pas la peine de faire un dessin: on remplit, on pompe, on vise, on appuie sur la gâchette… et une affiche est rapidement masquée, avec des effets de coulures et d’éclaboussures du plus bel effet.

Pour conclure avec cette méthode il y a plusieurs choses à signaler:

– Comme pour le maculage débordant d’autocollants, le fait de pourrir le support autour de l’affiche peut être mal apprécié par les répresseurs.

– Lors de tels maculages en altitude, une fine pluie de gouttelettes pigmentées retombe pendant quelques secondes à cause des éclaboussures sur le support et du manque d’homogénéité du jet. Il est important de surveiller le sens du vent, d’avoir des habits qui supporteront ces projections de peinture, et de prévoir une capuche, un masque et/ou des gants pour ne pas se peindre la peau et les cheveux. Des solvants pour se nettoyer peuvent être une bonne idée aussi.

8 – Technique expérimentale à la graisse végétale

Graisse végétale pour frites (et pour affiches)

Graisse végétale pour fritures (et affiches!)

Voici enfin une nouvelle technique qui peut s’avérer intéressante en cette période électorale, propice aux affichages intensifs sur supports adaptés.

Bien qu’expérimentale, il est probable qu’elle soit d’une efficacité redoutable, car elle permet de préparer le terrain pour des actions d’arrachage ultérieures facilitées.

Le principe en est simple :
– Appliquer à l’affiche visée un des traitements décrits précédemment dans cet article. Les plus adéquats devraient être dans ce cas les méthodes pigmentaires à séchage rapide (marqueur).
– Appliquer sur l’affiche ainsi dégradée une quelconque graisse végétale (graisse à frites en blocs, huile végétale en spray ou au pinceau).
– Les affiches de remplacement collées par dessus votre travail artistique devraient alors coller aussi bien sur ce support gras qu’un glaçon essayant de s’accrocher sur une surface en Téflon.
Cela devrait faciliter grandement leur arrachage sans effort, si les colleurs ne prennent pas soin de passer leur support au savon avant leur collage.

Il va sans dire que l’application de cette technique n’est pas forcément très légale sur les affichages électoraux officiels…

Pour conclure cet article, rappellons que les publicités du FN ne sont pas les seules à pouvoir être visées par ces techniques, qui peuvent indifféremment s’appliquer aux pollutions visuelles de toutes sortes, qu’elles soient fascistes, fascisantes ou simplement publicitaires.

Vos retours sur expérimentations, vos nouvelles idées techniques ou vos améliorations des méthodes décrites ici, sont évidemment les bienvenus en commentaires à cet article.

6 mars 2011

Spécial dédicace aux antifas d’Hénin-Beaumont ;-)

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

4 mars 2011

Fascistes, si vous saviez…

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

à quel point les celtes vous emmerdent!

Les fascistes font souvent référence à la culture celtique. Mais ils ne savent pas de quoi ils parlent…

2 mars 2011

par Comité de Vigilance Antifasciste 62