Archive for novembre, 2012

28 novembre 2012

Le CVA62 devient l’AA62

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Cela fait maintenant plus de trois ans que le CVA62 a été créé. Aujourd’hui, nous sommes un groupe autonome du réseau Action Antifasciste. Ces trois dernières années ont été mouvementées, pleines de rencontres et d’initiatives.

Le fascisme est plus que jamais d’actualité. Le climat devient de plus en plus tendu et malsain, et il est désormais évident que l’existence de groupes  antifascistes autonomes est une nécessité absolue. Nous ne sommes qu’un groupe parmi d’autres.

Pour mieux refléter ce que nous sommes, le CVA62 devient l’Action Antifasciste 62. Vous trouverez désormais nos articles à cette adresse :

http://actionantifasciste62.wordpress.com/

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11 novembre 2012

Retour sur le procès de Seb et perspectives antifascistes

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le procès de notre camarade Seb vient de s’achever, le moment est venu de faire le bilan de la campagne de solidarité, et de la replacer dans son contexte.

Seb avait été arrêté le 17 juin à Hénin-Beaumont avec 5 autres camarades, peu de temps avant l’annonce du résultat du second tour des législatives.

En cas d’élection de Marine Le Pen, un appel à rassemblement avait été lancé : dans les rues du centre-ville d’Hénin-Beaumont, de nombreuses personnes attendaient les résultats, tandis que des effectifs policiers renforcés pour l’occasion étaient stationnés près du commissariat.

Pour les personnes avec qui nous avons discuté sur place, il était important de se regrouper dans le centre-ville ce soir-là, pour marquer une présence, et rendre visible l’opposition populaire locale qui existe bel et bien, face à la progression du fascisme.

Quoi de plus normal, que de refuser de laisser place nette en cas de victoire de Marine Le Pen?

Mais à l’évidence, pour l’Etat et sa Police Nationale, il aurait été préférable que la foule se disperse, que chacun rentre chez soi et qu’une atmosphère de couvre-feu s’installe dans les rues d’Hénin-Beaumont…

En effet, plusieurs témoignages nous ont permis d’établir que les controles d’identité musclés effectués peu avant 20 heures en plusiers points de la ville ciblaient uniquement les personnes qui, pour la police, ressemblaient de près ou de loin à des militants antifascistes ou « de gauche ».

C’est dans ces circonstances qu’a eu lieu l’arrestation de nos 6 camarades par un impressionnant dispositif composés de policiers en uniforme, d’agents de la BAC et de la DCRI, certains spécialement envoyés de Lille pour l’occasion.

Les 6 camarades ont été fouillés. Les policiers du renseignement, sortant leurs mains des sacs à dos, ont brandi triomphalement (et illégalement confisqué) des tracts et des autocollants…

Il est vrai aussi que certains camarades avaient osé pensé à apporter de quoi se défendre, dans l’hypothèse d’une agression par une bande de néo-nazis. Ce scénario n’est pas fantaisiste, pour la simple et bonne raison qu’il existe des précédents.

Mais pour les policiers sur place, cette arrestation représentait un coup de filet exceptionnel. Selon eux, « le pire venait d’être évité », car de toute évidence, les 6 camarades se préparaient à attaquer le siège du Front National!

Nous pouvons certifier que nos camarades marchaient tranquillement dans la rue et n’avaient aucunement une allure agressive, et pourtant c’est dans le cadre d’une affaire de « participation à un groupe violent et armé » qu’ils ont été menottés et placés en garde à vue pour la nuit au commissariat de Lens…

Puis, comme nous l’avons déjà relaté ici, l’arrestation a débouché sur deux chefs d’inculpation, et le procès de mardi dernier, dont le compte-rendu est visible ici.

Notre camarade Seb écope donc de 300 euros d’amende pour port d’arme de 6eme catégorie, et d’un mois de prison avec sursis pour refus de fichage ADN. Nous n’avons pas obtenu la relaxe, mais les peines sont moins importantes que celles requises par le procureur, ce qui prouve que la solidarité et la lutte ont pesé dans le verdict.

Un repas végan a été organisé pour collecter des fonds.

Mais que s’est-il passé dans le bassin minier depuis le mois de juin, pendant que l’Etat et ses bras policier et judiciaire étaient occupés à réprimer les militants antifascistes?

Le bassin minier est devenu un des enjeux prioritaires pour les diverses tendances du fascisme :

Il y a eu cet été le « week-end du Trident » à Auchel, organisé avec le concours de le Maison de l’Artois, une structure proche des fascistes de Troisième Voie et de la mouvance « solidariste ». Pendant deux jours, des bandes de néo-nazis ont paradé en ville, exhibé cagoules et masques de Hitler, et occupé un terrain municipal pour une partie de foot. Cette occupation de l’espace public par des fascistes a suscité un rejet total de la part de la population, mais on n’a pas vu l’ombre d’un uniforme de police à Auchel durant tout le week-end.

Ce n’est que trois mois plus tard, en octobre, que la dissolution de la Maison de l’Artois sera prononcée par l’Etat.

Il y a eu aussi en octobre un épisode judiciaire totalement passé sous silence par les médias bourgeois, alors qu’un journaliste de la Voix du Nord était présent le jour du procès: le Front National vient d’être condamné par la Cour de Douai à verser 14000 euros de dommages et intérêts pour usurpation d’identité, suite à un épisode de la campagne législative à Hénin-Beaumont, où deux militants frontistes se sont faisant passer pour des policiers et ont demandé à un jeune écologiste d’arrêter de distribuer ses tracts sur le marché.

Pendant ce temps, non contents de se faire passer pour des policiers, les militants du Front National profitent de la crise et des fermetures d’usine pour toucher la population ouvrière, et marteler son discours haineux et nationaliste.

Les groupes néo-nazis se structurent dans le secteur, et se rassemblent en nombre et au grand jour, à Lens, Douai, Libercourt…Il est de plus en plus dangereux d’afficher son antifascisme, tellement le risque d’agression est devenu élevé.

Voilà pour le contexte local. Et c’est là qu’on apprend que la ville de Toul en Moselle a accueilli le week-end dernier un rassemblement de 2000 néo-nazis. Selon France 3 Lorraine, « la Préfecture de Meurthe-et-Moselle et la mairie de Toul ne sont pas intervenues et aucun représentant de l’ordre n’était présent dans la salle pour constater les multiples infractions administratives et pénales : incitation à la haine raciale ou encore appel au meurtre.

Seuls des policiers et un renfort de la CRS 39 a été dépêché sur place pour éviter tout débordement en dehors du lieu de la manifestation. »

On voit ici clairement la tendance qui ne fera que s’accentuer dans le futur : l’Etat et la bourgeoisie penchent inévitablement en direction du fascisme. Les composantes les moins aggressives de la bourgeoisie auront beau rechigner à ouvrir un espace de plus en plus grand à des mouvances fascistes à leurs yeux peu fréquentables, mais objectivement cela ne changera rien. Dans ce contexte de crise généralisée du capitalisme, la bourgeoisie a besoin du fascisme et des fascistes pour « faire le sale boulot » et préserver ses intérêts. Le nationalisme et les valeurs fascistes font lentement leur chemin au sein du peuple.

En tant qu’antifascistes, nous n’avons rien à attendre de l’Etat, ni pour nous protéger, et encore moins pour freiner l’avancée du fascisme. Les agissements de la police à l’égard de nos camarades ne visent qu’à nous diviser et à nous faire passer pour des groupes violents et en marge de la société. Nous ne pouvons compter que sur nos propres forces pour combattre les valeurs fascistes, en y opposant nos propres valeurs.

A nous, donc, de construire l’unité populaire antifasciste!

8 novembre 2012

Campagne de solidarité pour les antifascistes d’Hénin-Beaumont: communiqué suite au procès de Seb!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Ce mardi 6 novembre 2012, Seb a été condamné à 300 euros d’amendes par le tribunal de Béthune pour le fait de port d’arme de 6ème catégorie le soir du second tour de l’élection législative à Hénin-Beaumont. Le tribunal a également condamné Seb à 1 mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement ADN, comme l’a requis le procureur de la République.

Le tribunal n’a pas retenu les 2 mois de prisons avec sursis requis par le procureur pour le port d’arme de 6ème catégories. La peine de 300 euros et bien en deçà des dix ans de prison et 3.750 euros encourus.

Depuis la garde-à-vue où la police voulait retenir des faits de participation à un regroupement violent et armé, en passant par la mise en examen pour port d’arme en réunion, jusqu’à ce mois de sursis et cette amende de 300€, la pression de l’Etat n’a fait que diminuer. C’est le signe que la mobilisation et la solidarité antifasciste ont fonctionné. C’est la preuve qu’il ne faut jamais rester isolé face à la répression.

L’Etat voulait faire croire que les antifascistes sont des provocateurs qui cherchent la violence et le désordre : les faits ne font que prouver le contraire ! Ce sont les fascistes qui sont les partisans de la violence gratuite, du désordre et de la haine infondée. Les antifascistes se battent pour la justice, l’unité et la solidarité au sein du peuple.

Maintenant que Seb n’est plus inquiété judiciairement – si ce n’est ce sursis injuste qui plane au dessus de lui pendant 5 ans, nous devons continuer à nous mobiliser et faire vivre l’antifascisme dans le bassin minier. Le Front National ne cesse de se développer et la violence ou provocations fascistes continuent de se multiplier dans la région. Nous ne pourrons compter que sur nos propres forces et notre unité pour y faire face.

La conquête d’Hénin-Beaumont et de larges parts du bassin minier est un des objectifs prioritaires de l’extrême-droite qui voudrait faire croire que le nationalisme est une solution à la misère du peuple. Le procès de Seb n’était qu’une étape dans la longue bataille qui oppose et opposera de plus en plus toutes les personnes progressistes à la montée en puissance du fascisme et de sa terreur.

Vive la solidarité antifasciste,

Vive l’unité populaire antifasciste à Hénin-Beaumont, dans le Nord-Pas-Calais et partout en France !

Tous les documents et les communiqués de la campagne ICI