Archive for février, 2011

28 février 2011

Football et exploitation à Hénin-Beaumont + une analyse de la réaction de Steeve Briois

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Rigoberte M'Bah à son arrivée au FCF-Hénin-Beaumont. A sa gauche, Michel Houvenaeghel, ex-président du club et aujourd'hui vice-président. C'est à l'été 2009, sous la présidence de M. Houvenaeghel, que Rigoberte M'Bah avait été trahie une première fois par le club. Prétextant des formalités, le directeur administratif de l'époque l'avait déposée sur un parking où l'attendait la police aux frontières. Elle avait alors évité de justesse une reconduite à la frontière.

Le jeudi 17 février, la footballeuse camerounaise Rigoberte M’bah, qui évolue en D1 dans le club de football féminin d’Hénin-Beaumont, a été interpellée par la police alors qu’elle sortait d’une séance de kiné. Coup monté? C’est bien possible… Ne pouvant présenter de papiers, elle a été amenée au commissariat de Lille puis au centre de rétention de Lesquin. Elle est sortie lundi dernier, suite à une décision de la cour d’appel de Douai. L’arrêt de reconduite à la frontière a été cassé, mais la situation de la joueuse n’est pas encore régularisée.

Le cas de Rigoberte M’bah ressemble à celle de dizaines de milliers d’autres personnes sans-papiers qui vivent et travaillent en France. Mais son histoire est particulière car elle met en lumière les rapports d’exploitation que les clubs de foot européens entretiennent envers les joueurs des pays africains.

Rigoberte M’bah est une sportive de très haut niveau, elle jouait au Cameroun dans l’équipe nationale et a disputé plusieurs fois la Coupe d’Afrique. C’est une footballeuse de stature internationale. C’est en 2008, elle intègre le FCF Hénin-Beaumont, après un passage à Brive.

On va chercher des champions africains, on les traite comme des esclaves et quand on n’a plus besoin d’eux, on les expulse de France.

Le FCF Hénin-Beaumont évolue en première division, c’est l’un des meilleurs clubs féminins de France. Mais cela reste du football amateur, car il n’existe pas de statut professionnel en France pour les femmes. Pour Rigoberte, il se pose donc la question du logement, du revenu, de la régularisation. Mais, selon le CSP 59, « malgré ses performances et ses qualités footballistiques jamais démenties, les dirigeants de ce Club n’ont jamais entamé des démarches crédibles pour la régularisation de sa situation administrative

Voici un extrait des déclarations de l’avocate :

« [Rigoberte M’bah] ne bénéficie d’aucun contrat de travail, d’aucune rémunération et a été ballottée de logement de fortune en logement de fortune, d’abord dans un hôtel de passe puis chez un supporter, avant d’être enfin prise en charge par un comité de soutien qui lui a trouvé un appartement à Lille» […] « Le club d’Hénin-Beaumont n’a jamais fait aucune démarche pour qu’elle soit régularisée, car il avait tout intérêt à maintenir ma cliente dans un état d’isolement et de dépendance, et empêcher ainsi qu’elle aille jouer ailleurs». « Il s’agit d’un comportement scandaleux qui relève de l’exploitation pure et simple», déclare-t-elle, soulignant que la jeune femme ne « reçoit que 50 euros par semaine, alors qu’elle participe à tous les matchs et à 4 entraînements par semaine depuis près de 3 ans. On va chercher des champions africains, et après on les traite comme des esclaves et quand on n’a plus besoin d’eux, on les expulse de France».

Division internationale du travail

La direction du club, elle, affirme que tout a été fait pour aider la joueuse, tant sur le plan administratif que pour un logement et du travail. Mais les fait sont têtus. Ainsi, sur le site du club, on peut lire aujourd’hui encore:  « Le FCF Henin Beaumont est à la recherche d’une gardienne pour son équipe de Division 1. Possibilité de logement et de travail.» Le club a l’air si accueillant et disposé à aider l’installation des joueuses à Hénin-Beaumont, que l’on s’étonne qu’une seule demande de régularisation ait été déposée en 3 ans pour Rigoberte M’Bah…

Quoi qu’il en soit, le cas de Rigoberte M’bah n’est que la partie émergée de l’iceberg : ces pratiques néo-colonialistes sont légion dans les clubs de foot français, qui considèrent l’Afrique comme un gigantesque vivier de futur champions dont ils peuvent disposer comme ils l’entendent, presque gratuitement.  Selon l’association Culture Foot Solidaire, qui a pour but de protéger les jeunes joueurs, « nombreux sont les footballeurs africains qui évoluent dans des clubs en France. Mais il n’y a pas de retour en Afrique pour les populations locales

Ainsi le football n’échappe pas aux lois de la division internationale du travail: la main d’œuvre y est exploitée comme dans tous les autres secteurs…

Réaction du Front National

Le Front National s’est donc fendu d’un bref communiqué dénonçant pèle-mêle  la « folle politique d’immigration», la « culture d’impunité» et le « laxisme judiciaire» de «la mairie socialiste et de l’État UMP», ainsi que la « nouvelle forme d’esclavagisme dont sont complices les socialistes» (faisant référence aux liens existants entre certains dirigeants et sponsors du club et Gérard Dalongeville, ancien maire d’Hénin-Beaumont démis de ses fonctions).

Se posant en grand défenseur de la justice, Steeve Briois réclame « la stricte application de la loi», en se gardant bien de préciser de quelle loi il s’agit… (Certainement pas la loi qui interdit d’afficher sur les postes de détente de gaz en tout cas!) Une fois de plus, c’est l’occasion rêvée pour le FN de se présenter comme un pouvoir honnête et incorruptible face à « l’amateurisme» de la social-démocratie.

Partout en France, les mairies et les collectivités territoriales servent de comité d’affaires à la bourgeoisie locale, par le biais de subventions et d’attributions de marchés publics. Si le cas d’Hénin-Beaumont se distingue, c’est parce que les liens affairistes entre pouvoir politique et économique y sont particulièrement caricaturaux. C’est précisément pour cette raison, combinée à l’histoire ouvrière de la ville, que le FN avait choisi de s’implanter à Hénin-Beaumont. Trop facile alors, de se positionner comme les incorruptibles redresseurs de torts…

La « soif de justice» du Front National

En vérité, le Front National défend sur le papier les intérêts de la petite bourgeoisie locale, et sur le plan national il roule pour la fraction la plus chauvine de la bourgeoisie impérialiste. Son programme favorise l’exploitation de la classe ouvrière, l’oppression des femmes et des minorités, et facilite  une extraction de profits toujours plus sauvage.

Pour le FN tout est un prétexte, même le football, pour dissimuler les rapports d’exploitation internationaux, et diviser la classe internationale des exploités : d’un côté les « nationaux», de l’autre les étrangers.

Le bilan des villes gouvernées par le FN et ses émanations montre que les liens affairistes entre pouvoir politique et bourgeoisie locale y sont les mêmes qu’à Hénin-Beaumont sous le mandat de Dalongeville. En 2001 à Toulon, la municipalité Front National sortante avait laissé une ardoise de 15 millions d’euros, et les époux Le Chevallier avaient été condamnés pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de confiance.

Pour ce qui est du pseudo-humanisme, du légalisme et des relations que le Front National a entretenu avec l’Afrique, en voici une illustration concrête:

Le DPS, bras armé du FN et protecteur de l’impérialisme français en Afrique

La carrière de Bernard Courcelle, qui a travaillé conjointement pour le FN et l’état français, est emblématique d’une présence française en Afrique héritée du temps de la Cagoule dans les années 30…

Après avoir travaillé pour les services secrets français en Afrique, Bernard Courcelle est nommé à la tête du DPS (service d’ordre du FN) en 1993. Il dirige un millier de mercenaires du DPS actifs  en Afrique. En 1999 il se charge de la sécurité du président Sassou Nguesso, (porté au pouvoir par l’état Français), puis assure la sécurité des installations pétrolières d’Elf à Pointe-Noire. Les mercenaires du FN se sont donc particulièrement bien  illustrés comme protecteurs de l’impérialisme français.

(A noter que Claude Hermant, le « Celte» de la Maison Flamande de Lambersart, a travaillé au Congo-Brazaville comme mercenaire pour le compte de Bernard Courcelle. Incarcéré pendant 7 mois, il sera gracié par le président Sassou N’guesso, puis fera quelques « révélations » à la presse.)

Non à l’impérialisme français!

Justice sociale internationale!

21 février 2011

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

21 février 2011

Arras : soirée Sexualités avec la Populasse

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Jeudi 24 février à partir de 20h


Projection de film et échanges autour des sexualités plurielles

Le film : Réflexions, un voyage à travers le Costa-Rica, Hawaï, Hong-Kong, et la Nouvelle-Zélande

Un documentaire abordant les sujets comme le mariage, la religion, la mort, et soulève les pressions sociales encore exercés sur toutes les lesbiennes de part le monde.

Au café l’équinoxe, rue des Augustines à Arras

Entrée libre

Auberge espagnole

Ce sera suivi d’une scène ouverte (musique, slam, humour…)

21 février 2011

Sara Hebe -Desesperada

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

El espirito antifascita de Argentina!

 

Croire pour ne pas désespérer!


19 février 2011

Fascisme et classe ouvrière

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Marine Le Pen et Steeve Briois devant l'usine Arcelor Mittal à Grande Synthe

« Quelle est donc la source de l’influence du fascisme sur les masses? Le fascisme réussit à attirer les masses parce qu’il en appelle, de façon démagogique, aux plus sensibles de leurs besoins et de leurs aspirations. Le fascisme ne se borne pas à attiser les préjugés profondément enracinés dans les masses; il joue aussi sur les meilleurs sentiments des masses, sur leur sentiment de justice et parfois même sur leurs traditions révolutionnaires. Pourquoi les fascistes allemands, ces laquais de la grande bourgeoisie et ces ennemis mortels du socialisme, se font-ils passer devant les masses pour des « socialistes » et représentent-ils leur avènement au pouvoir conne une « révolution »? Parce qu’ils visent à exploiter la foi dans la révolution, l’élan vers le socialisme, qui vivent au cœur des grandes masses travailleuses d’Allemagne.


Le fascisme agit dans l’intérêt des ultra-impérialistes, mais il se montre aux masses sous le masque défenseur de la nation lésée et en appelle au sentiment national blessé […] Le fascisme vise à l’exploitation la plus effrénée des masses, mais il aborde celles-ci avec une habile démagogie anticapitaliste, en exploitant la haine profonde des travailleurs pour la bourgeoisie rapace, les banques, les trusts et les magnats financiers, et en formulant les mots d’ordre les plus tentants au moment donné pour les masses politiquement frustes. En Allemagne :  « l’intérêt général prime l’intérêt privé« : en Italie: « notre État n’est pas un État capitaliste, mais corporatif« ; au Japon « pour un Japon sans exploitation« ; aux États-Unis: « pour le partage de la richesse« , etc…

Conseil Municipal d'Hénin-Beaumont, 2009.

Le fascisme livre le peuple à la merci des éléments vénaux les plus corrompus, mais se présente devant lui en revendiquant un « pouvoir honnête et incorruptible ». En spéculant sur la profonde déception des masses à l’égard des gouvernements de démocratie bourgeoise, le fascisme s’indigne hypocritement contre la corruption […]

Marché d'Hénin-Beaumont, 2009

Dépassant en cynisme et en hypocrisie toutes les autres variétés de la réaction bourgeoise, le fascisme adapte sa démagogie aux particularités nationales de chaque pays et même aux particularités des différentes couches sociales dans un seul et même pays. Et les masses de la petite bourgeoisie, voire une partie des ouvriers, poussées au désespoir par la misère, le chômage et la précarité de leur existence, deviennent victimes de la démagogie sociale et chauvine du fascisme.»

G. Dimitrov, Le fascisme et la classe ouvrière, 1935.

16 février 2011

Antifa jusqu’au bout des gants!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

7 février 2011

Gastronomie française, discours indentitaire et idéologie de la réaction : sixième partie

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

En novembre dernier, l’Unesco a inscrit le «repas gastronomique des français» au patrimoine immatériel de l’humanité. Une fête de la gastronomie française devrait désormais être « célébrée » tous les 23 septembre. Alors nous nous posons ces questions : quel repas, quels «français», quelle humanité, au juste? Voici une occasion de nous intéresser à ce qu’on appelle la «gastronomie française»…

Aimer cuisiner, une spécificité française?

Dans les parties précédentes nous avons exploré la dimension réactionnaire du discours gastronomique, et exposé les idées fascistes du principal « ambassadeur » de la gastronomie française à l’UNESCO, Jean-Robert Pitte. Mais parallèlement à tout ce lavage de cerveau gastronomique, il existe un engouement populaire réel pour la cuisine : beaucoup de gens aiment discuter du repas qu’ils  vont préparer, et prennent du plaisir à échanger des conseils et des recettes. Cet enthousiasme n’a rien de typiquement français, il se retrouve un peu partout sur le globe.

Pourquoi? Parce que la cuisine est une activité emblématique de la créativité humaine, qui est capable de concilier besoins vitaux et ressources disponibles,  et de dépasser ces données matérielles en y ajoutant des éléments de plaisir et de sociabilité. La cuisine est un moyen de ressentir une satisfaction que nous avons rarement l’occasion d’éprouver dans nos vies, dans notre travail : la satisfaction d’agir sur la matière, avec l’aide de nos mains et de notre cerveau, pour obtenir un résultat tangible que l’on peut partager avec les autres. Cet intérêt populaire pour la cuisine augmente, au fur et à mesure que diminuent les possibilités d’exercer notre créativité ailleurs : au travail, dans la sphère publique… Aimer préparer à manger, agir sur la matière pour améliorer notre quotidien, n’est pas la marque d’une identité française, c’est le signe distinctif des humains!

« Retournez à vos fourneaux »

Mais tout le battage médiatique qui entretient cet intérêt populaire pour la cuisine, est aussi un encouragement à rester dans la sphère domestique, à se replier dans la sphère privée.  « Le bonheur est dans la cuisine», « Le fond de l’air est rose saumon», « Retournez à vos fourneaux!» pourraient être les titres des prochains programmes télés à thème… Comme s’il fallait oublier le vaste monde. Chacun se replie sur soi et s’occupe de sa petite famille, semblent nous murmurer les émissions de cuisine (et de bricolage, décoration, jardinage, relooking, éducation des enfants, ménage…). Comme si la société n’existait pas, comme si l’alimentation n’était pas le reflet de rapports sociaux de production…

Des émissions de divertissement comme « Un diner presque parfait», « Oui Chef» etc… exacerbent des valeurs capitalistes et bourgeoises : compétition, arrogance et sélection.  Dans « Un diner presque parfait», les participants sont encouragés à se critiquer les uns les autres dans une lutte sans merci pour remporter la première place. Les plats les plus simples prennent des noms ridicules et sophistiqués. (pour Envolée Forestière, il faut comprendre poulet aux champignons…)

Dans « Oui Chef», 15 jeunes « défavorisés » triés sur le volet ont été formés au métier de cuisinier, et sont partis travailler dans de « grands restaurants ». Quel immense honneur pour ces jeunes prolétaires! La boite de production de l’émission a bien sûr tiré grand profit de ce geste charitable.

Jean-Pierre Coffe fait éclater au grand jour les contradictions du discours culinaire français

Moralisation à l’égard des classes populaires

Bien sûr ces tractopelles d’émissions à thème s’accompagnent d’une forte moralisation des classes populaires. Les « grands chefs » et autres gastronomes nous dictent l’impossible. Dans une émission de radio pour adolescents, Cyril Lignac donne des conseils absurdes :

« Je veux pas diaboliser, on peut manger des frites, on peut manger des hamburgers, mais quand on en mange, on le fait bon et on le fait maison! » […] « Il est du devoir de chacun de trouver la bonne solution, on dit que les produits de saison c’est cher, mais c’est souvent une fausse excuse. »

Non c’est impossible, on ne peut pas préparer des repas savoureux et équilibrés, donner le meilleur à ses enfants, et en même temps acheter avec un petit budget des produits locaux, de qualité et respectueux de la nature!! De plus, ces aliments de qualité sont des « niches commerciales » non destinés à une consommation de masse, la généralisation de leur production étant absolument incompatible avec le mode de production capitaliste.

Le peuple mérite le meilleur, alors n’écoutons pas tous ces « spécialistes » : ils ne peuvent que proposer de fausses solutions, car leur discours est idéaliste et réactionnaire. Ils croulent sous le poids de leurs contradictions.

Pour imaginer la cuisine de demain, il faut regarder le système de production alimentaire dans son ensemble, et à l’échelle planétaire : agriculture, transports, pétrochimie, agroalimentaire, distribution… Sinon il est impossible de comprendre quoi que ce soit.

To be continued…

6 février 2011

Goldie Lookin Chain – By Any Means Necessary

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Par tous les moyens possibles!