Archive for juillet, 2011

31 juillet 2011

Maison de l’Artois à Auchel : un exemple de brutalité fasciste

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Sympathisants de la Maison de l'Artois, Auchel, mardi 26 juillet 2011, jour du marché. Photo courtesy of Vouadunor(R)

« Ici, les adhérents peuvent nous aider à rénover le bâtiment, pratiquer des activités sportives comme le tir à l’arc ou le javelot tir sur cible. Pas du tir à la mitraillette ! C’est mieux que de traîner les rues et taguer les bâtiments. Les enfants apprennent à jardiner, s’occupent du poulailler. Bientôt, nous auront des lapins. Les filles pourront pratiquer les arts martiaux pour apprendre à se défendre. »

      Nicolas Colin, président de la Maison de l’Artois.

Mardi dernier, le 26 juillet, le marché d’Auchel s’est transformé en lieu de démonstration d’agressivité fasciste. Ces incidents ont eu lieu à l’occasion d’une distribution de tracts organisée par des syndicalistes de la CGT, avec l’aide de CNTistes et de personnes antifascistes, dans le but de sensibiliser la population sur la progression de l’extrême-droite à Auchel. Vers 10h30, des sympathisants et acteurs de la Maison de l’Artois, local fasciste récemment implanté à Auchel avec l’aide de la Maison Flamande de Lambersart (59), sont donc arrivés sur le marché…

Nous ne rentrerons pas dans le détail des évènements, déjà amplement relatés dans plusieurs communiqués et articles de presse qu’on peut trouver aisément sur la toile. Ce qui est certain c’est que ce 26 juillet, le vernis « citoyenniste » des fascistes, qui s’exprime principalement dans leur respect des «soldats de la république» (la police), n’a pas suffi à masquer l’agressivité d’un véritable commando déployé en mode « guerrier ». Cette brutalité fasciste a été pour de nombreuses personnes présentes, un vrai choc culturel.

Pour notre part, si nous sommes convaincu(e)s que les personnes présentes ce jour là sont sincères dans leur antifascisme, nous pensons que le syndicalisme n’est pas du tout un cadre adapté à la lutte contre le fascisme : nous aurons l’occasion d’en reparler. Nous tenons en tout cas à souligner ce qui s’est passé, car nous estimons que ces incidents ont de l’importance. Le fascisme ne peut être compris qu’en tant que mouvement, et c’est la première fois à notre connaissance qu’un groupe de fascistes ralliés sous une étiquette précise fait son apparition dans le bassin minier en plein centre-ville, un jour de marché, et entame une charge au pas de course sous les yeux des nombreux passants, avant d’assumer publiquement cette démonstration de force…

Une violence assumée, puisque confirmée dans des communiqués sur les sites des fascistes de la Maison Flamande et de Opstaan, au milieu de commentaires victimaires, et qui jouent à fond la carte de la division à l’extrême-gauche en soulignant les différences « tactiques » entre militants de la CGT et sympathisants de la CNT (car c’est en effet tout un art que de combiner une démarche pacifiste et républicaine avec l’″action directe″…).

Alors qu’un néo-nazi lillois, habitué de la Maison Flamande, vient d’être incarcéré pour une agression raciste en date du 21 juin, et que toute la mouvance identitaire/nationaliste de la région est restée étrangement muette à l’annonce comme quoi l’auteur des massacres d’Oslo le 23 juillet était un authentique fasciste, la démarche d’auto-victimisation de Claude Hermant, président de la Maison Flamande de Lambersart et vice-président de la Maison de l’Artois d’Auchel, est tout simplement ridicule. D’autant plus qu’elle s’accompagne de commentaires haineux de très mauvais goût, comme seuls les fascistes peuvent en faire…

Nicolas Colin, président de la Maison de l'Artois

Sur cet évènement du 26 juillet, nous ferons deux dernières remarques. Premièrement, sur la capacité de mobilisation limitée des fascistes locaux (qui semblent toujours rassembler plus de monde autour d’un bar ou d’un barbecue, que pour des activités militantes): une majorité des fascistes qui étaient présents à Auchel ce jour là, a été recrutée bien au-delà du bassin minier…

Deuxièmement, la crédibilité du président de la Maison de l’Artois, Nicolas Colin (membre du boxing-club auchellois et du club de catch d’Hersin-Coupigny), est sérieusement entamée : lui qui insiste depuis le début sur le caractère « citoyen » et « légal » de sa démarche et sur l’aspect culturel des activités de la Maison de l’Artois, censée être en phase avec la population locale, doit être bien embarrassé… Ce jour là, les auchellois qui faisaient leur marché ont pu se faire une idée bien différente des amis de la jeunesse, du javelot et du jardinage que sont les cadres de la Maison de l’Artois. D’ailleurs le modeste blog des fascistes auchellois est resté totalement silencieux sur cette affaire…

To be continued…

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17 juillet 2011

Jurassic 5 – Concrete Schoolyard

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

11 juillet 2011

Action Antifasciste … since 1932!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

 

6 juillet 2011

Pour la défense de la vérité historique, solidarité avec les antifascistes d’Hapoel contre la famille Renault!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Louis Renault aux côtés de Hitler et Göring à Berlin en février 1939

Le groupe Hapoel, membre de l’Action Antifasciste, est actuellement victime de l’acharnement juridique de la famille Renault. Le site Hapoel.fr a été fermé pendant une semaine, et Hapoel a été forcé de retirer certains passages d’un article traitant de Louis Renault pour éviter un procès en « diffamation ».

L’article en question  parle de la campagne médiatique et juridique menée actuellement en faveur de la réhabilitation historique de Louis Renault, industriel français emblématique de la collaboration avec les nazis.

Les héritiers de Louis Renault ont ainsi obtenu en juillet 2010 que le musée d’Oradour-sur-Glane retire la photo de l’industriel aux côtés de Hitler (reproduite ci-dessus), au motif qu’elle datait de 1939 et ne constituait pas une preuve de future collaboration avec les nazis…

En janvier 2011, un dossier du Monde Magazine salue avec bienveillance cette décision du tribunal de Limoges.

Puis, dans le JT de France2 datant du 2 mars 2011, dans un dossier consacré à Louis Renault s’inscrivant dans cette démarche de réhabilitation, on a pu entendre (entre autres aberrations) que «Renault n’a jamais fabriqué de chars pour l’occupant», ce qui est un mensonge grossier.

Enfin, le 9 mai dernier, les petits-enfants de Louis Renault ont attaqué l’état français en justice pour contester la nationalisation-sanction de Renault en 1945 et « obtenir réparation ».

Mais la seule réalité historique qui tienne, c’est le passé de collaborateur de Renault.

Ne nous laissons pas berner, les «meilleurs juristes» et les pires «historiens» n’arriveront jamais à dissimuler cette vérité qu’est le passé collaborateur de la bourgeoisie industrielle française. Ces tentatives d’occultation du passé sont tout simplement du révisionnisme.

Solidarité avec les camarades d’Hapoel!

Le communiqué d’Hapoel qui revient sur les faits:

Voilà une semaine que le site Hapoel est inaccessible, mais pas pour des raisons techniques. En réalité, Hapoel a été fermé par son hébergeur internet, sur demande de la famille Renault.

Pourquoi ? Parce que cette famille veut réhabiliter la mémoire du collabo Louis Renault, fondateur du groupe industriel du même nom.

Le 9 mai dernier, les petits-enfants de Louis Renault ont ainsi porté plainte contre l’État pour contester et obtenir réparation du décret de nationalisation de la régie Renault au lendemain de la guerre, décret se basant sur la production massive de véhicules Renault pour la France de Vichy et l’armée allemande.

Quelques jours après cette plainte de la famille Renault, Hapoel a diffusé un article de la presse révolutionnaire intitulé « Putréfaction fasciste à l’époque de la crise générale : les cas de John Demjanjuk et de l’action en justice des petits-enfants de Louis Renault ».

Cet article expliquait assez précisément le contexte dans lequel s’effectuait cette plainte : frictions et tractations entre les grandes composantes de la bourgeoisie en France (industrielle contre financière, principalement), et ambiance générale de progression du nationalisme et du fascisme dans la société française.

Seulement voilà, on est en France, et pas question de toucher au capitalisme industriel familial tel qu’on le connaît depuis le 19ème siècle et le début du 20ème – et qui encore aujourd’hui constitue la moitié des 250 plus grandes boîtes françaises.

Pas touche à ce bon vieux capitalisme familial français, fondé sur ces inventeurs et ingénieurs magnifiés par Sarkozy, qui auraient donné leur vie – ou celle de leurs ouvriers – pour leurs usines, qui ont fondé de véritables dynasties capitalistes… et qui ont massivement pris parti pour Pétain, Vichy et la Collaboration. Le Comité des Forges, L’Oréal, Renault : les exemples ne manquent pas.

Mais aujourd’hui le vent tourne à nouveau pour la bourgeoisie traditionnelle française, et finalement cela arrange pas mal de monde de passer sous silence la collaboration industrielle avec l’Allemagne nazie : il y a ici un terrain d’entente possible, peut-être le dernier, entre industriels en perte de vitesse et financiers offensifs – qui eux mènent campagne exactement en même temps pour réhabiliter leur Céline.

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la procédure de la famille Renault contre l’État français, au nom des « principes fondamentaux du droit de la propriété »… Et c’est cette réalité sociale spécifiquement française qu’il ne faudrait surtout pas mettre en lumière.

Les descendants de Louis Renault se sont plaints d’allégations diffamatoires auprès de l’hébergeur d’Hapoel en invoquant la Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique (LCEN). L’hébergeur a donc fermé le site.

De son côté, Hapoel a « accepté » de retirer les passages incriminés dans le courrier adressé par la famille Renault à notre hébergeur. Ces gens ont les moyens de se payer des procédures judiciaires et des avocats connus – en l’occurrence l’avocat « de gauche » Thierry Lévy.

Thierry Lévy est depuis longtemps ce que la presse appelle complaisamment un « ténor du barreau ». En 2008 il a publié un livre, sous le titre « Lévy oblige », où il exprimait son exaspération d’être individuellement assimilé à la minorité juive, quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse, du simple fait de son nom de famille.

Pourtant, si Thierry Lévy en a assez d’être en permanence renvoyé à ses origines, est-ce qu’il ne lui est pas apparu que la famille Renault était peut-être intéressée à avoir un avocat d’origine spécifiquement juive ? Pour pouvoir réhabiliter la mémoire de Louis Renault, tout en pouvant s’en défendre si besoin, peut-être fallait-il quelqu’un dans le rôle de « l’avocat juif » ?

Voilà en tout cas la situation de manière schématique : l’avocat Thierry Lévy défend la famille Renault, qui défend la mémoire de l’industriel Louis Renault.

Louis Renault, qui lui même appelait son concurrent André Citroën « le petit juif », qui a contribué à la guerre nazie en produisant des véhicules et en réparant des chars Renault, qui avait pour neveu le secrétaire d’État à la production industrielle de Vichy, et qui d’ailleurs allait dans les salons automobiles d’Allemagne avant même la guerre (la photo ci-dessus de Louis Renault avec Hitler et Göring date de… février 1939).

Il y a donc actuellement une campagne pour réhabiliter la mémoire d’un collabo, mais il ne faudrait pas en parler car ce serait de la « diffamation » ?

On peut comprendre que la famille Renault se sente lésée par la nationalisation de la régie, alors que la collaboration battait son plein au sein de la bourgeoisie industrielle française et qu’aucune épuration véritable n’a été menée par les gaullistes. On peut comprendre qu’il y là un « manque à gagner » qui ferait rager n’importe quel capitaliste.

Pourtant quand on comprend ce que représente Renault avant, pendant et après la guerre, on préfère mille fois rendre hommage aux ouvriers de Renault qui ont mené la lutte pour le Front Populaire, la Résistance et la grève politique de 1968 – à Boulogne-Billancourt, Flins et ailleurs.

On préfère rendre hommage aux ouvriers de Renault qui ont résisté au nazisme dans les usines et qui ont été fusillés au Mont Valérien. Rendre hommage à Gilles Tautin, lycéen maoïste, mort noyé à Flins en juin 1968. Rendre hommage à Pierre Overney, ouvrier maoïste, licencié de Renault puis assassiné par un vigile à Billancourt en février 1972.

Contre les magouilles révisionnistes au sommet de la société, défendre la mémoire et la vérité historique ! Il en va de la justice et de la dignité, il en va de la mémoire populaire et de l’antifascisme !