Maison de l’Artois à Auchel : un exemple de brutalité fasciste

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Sympathisants de la Maison de l'Artois, Auchel, mardi 26 juillet 2011, jour du marché. Photo courtesy of Vouadunor(R)

« Ici, les adhérents peuvent nous aider à rénover le bâtiment, pratiquer des activités sportives comme le tir à l’arc ou le javelot tir sur cible. Pas du tir à la mitraillette ! C’est mieux que de traîner les rues et taguer les bâtiments. Les enfants apprennent à jardiner, s’occupent du poulailler. Bientôt, nous auront des lapins. Les filles pourront pratiquer les arts martiaux pour apprendre à se défendre. »

      Nicolas Colin, président de la Maison de l’Artois.

Mardi dernier, le 26 juillet, le marché d’Auchel s’est transformé en lieu de démonstration d’agressivité fasciste. Ces incidents ont eu lieu à l’occasion d’une distribution de tracts organisée par des syndicalistes de la CGT, avec l’aide de CNTistes et de personnes antifascistes, dans le but de sensibiliser la population sur la progression de l’extrême-droite à Auchel. Vers 10h30, des sympathisants et acteurs de la Maison de l’Artois, local fasciste récemment implanté à Auchel avec l’aide de la Maison Flamande de Lambersart (59), sont donc arrivés sur le marché…

Nous ne rentrerons pas dans le détail des évènements, déjà amplement relatés dans plusieurs communiqués et articles de presse qu’on peut trouver aisément sur la toile. Ce qui est certain c’est que ce 26 juillet, le vernis « citoyenniste » des fascistes, qui s’exprime principalement dans leur respect des «soldats de la république» (la police), n’a pas suffi à masquer l’agressivité d’un véritable commando déployé en mode « guerrier ». Cette brutalité fasciste a été pour de nombreuses personnes présentes, un vrai choc culturel.

Pour notre part, si nous sommes convaincu(e)s que les personnes présentes ce jour là sont sincères dans leur antifascisme, nous pensons que le syndicalisme n’est pas du tout un cadre adapté à la lutte contre le fascisme : nous aurons l’occasion d’en reparler. Nous tenons en tout cas à souligner ce qui s’est passé, car nous estimons que ces incidents ont de l’importance. Le fascisme ne peut être compris qu’en tant que mouvement, et c’est la première fois à notre connaissance qu’un groupe de fascistes ralliés sous une étiquette précise fait son apparition dans le bassin minier en plein centre-ville, un jour de marché, et entame une charge au pas de course sous les yeux des nombreux passants, avant d’assumer publiquement cette démonstration de force…

Une violence assumée, puisque confirmée dans des communiqués sur les sites des fascistes de la Maison Flamande et de Opstaan, au milieu de commentaires victimaires, et qui jouent à fond la carte de la division à l’extrême-gauche en soulignant les différences « tactiques » entre militants de la CGT et sympathisants de la CNT (car c’est en effet tout un art que de combiner une démarche pacifiste et républicaine avec l’″action directe″…).

Alors qu’un néo-nazi lillois, habitué de la Maison Flamande, vient d’être incarcéré pour une agression raciste en date du 21 juin, et que toute la mouvance identitaire/nationaliste de la région est restée étrangement muette à l’annonce comme quoi l’auteur des massacres d’Oslo le 23 juillet était un authentique fasciste, la démarche d’auto-victimisation de Claude Hermant, président de la Maison Flamande de Lambersart et vice-président de la Maison de l’Artois d’Auchel, est tout simplement ridicule. D’autant plus qu’elle s’accompagne de commentaires haineux de très mauvais goût, comme seuls les fascistes peuvent en faire…

Nicolas Colin, président de la Maison de l'Artois

Sur cet évènement du 26 juillet, nous ferons deux dernières remarques. Premièrement, sur la capacité de mobilisation limitée des fascistes locaux (qui semblent toujours rassembler plus de monde autour d’un bar ou d’un barbecue, que pour des activités militantes): une majorité des fascistes qui étaient présents à Auchel ce jour là, a été recrutée bien au-delà du bassin minier…

Deuxièmement, la crédibilité du président de la Maison de l’Artois, Nicolas Colin (membre du boxing-club auchellois et du club de catch d’Hersin-Coupigny), est sérieusement entamée : lui qui insiste depuis le début sur le caractère « citoyen » et « légal » de sa démarche et sur l’aspect culturel des activités de la Maison de l’Artois, censée être en phase avec la population locale, doit être bien embarrassé… Ce jour là, les auchellois qui faisaient leur marché ont pu se faire une idée bien différente des amis de la jeunesse, du javelot et du jardinage que sont les cadres de la Maison de l’Artois. D’ailleurs le modeste blog des fascistes auchellois est resté totalement silencieux sur cette affaire…

To be continued…

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