Marine Le Pen, Lampedusa et la « métaphore de la barque » vue du Québec

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Le mois dernier, Marine Le Pen s’est rendue à Lampedusa au large de la Sicile en compagnie du néo-fasciste Mario Borghezio (Ligue du Nord) pour une « opération communication». L’objectif était de remettre au cœur du débat un des thèmes de prédilection du Front National : les flux migratoires. En effet l’île de Lampedusa possède un centre de rétention pour les migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée pour fuir la misère, c’est une zone de coopération entre l’état italien et Frontex, l’agence européenne de surveillance des “frontières extérieures”.

Marine Le Pen ne sera restée au total que trois heures sur l’île, les habitants l’ayant  « accueillie » en scandant des slogans tels que « Madame Le Pen dégagez avec Borghezio», « Le monde est en couleurs, faites vous une raison», « Tu n’es pas la bienvenue madame Le Pen» (une allusion au film « Bienvenue chez les Ch’tis») et « Lampedusa n’est pas raciste».

Devant les journalistes, Marine Le Pen a déclaré : «  Moi, si je n’écoutais que mon coeur, évidemment je proposerais [aux migrants] de monter dans ma barque, sauf que ma barque est trop frêle!».

Plutôt que de faire de longs commentaires sur cette métaphore typique de l’hypocrisie de l’impérialisme français, nous vous proposons un point de vue en musique sur un épisode oublié de l’histoire françaisee qui parle aussi de barque : la colonisation du Québec. C’est un dialogue entre Samian, un rappeur québécois issu de la minorité autochtone amérindienne algonquine, et Loco Locass, trois canadiens francophones dont les ancêtres avaient traversé l’Atlantique en bateau au départ de la France, il y a bien longtemps. Aujourd’hui la population du Québec est constitué dans son immense majorité des descendants des immigrants français arrivés en “Nouvelle-France” au 18ème siècle.

Samian feat. Loco Locass – “La paix des braves”

On veut mettre un pont entre les nations, confondre la culture, ignorer les préjugés, laisser parler la nature
La barrière entre les peuples, on veut la casser, on en a plus qu’assez, on est bien placés pour en parler,
On remonte le temps dans le pantalon de Cristophe Colomb qui découvre l’Amérique et tous ces peuples qui y habitent
On était pacifiques et encore même aujourd’hui, un homme blanc sur l’Atlantique qui rêvait de fuir son pays,
On fume le calumet de paix, sans rancune, on est capables de rester vrais même si on porte plus de plumes

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2 Responses to “Marine Le Pen, Lampedusa et la « métaphore de la barque » vue du Québec”

  1. Merci pour votre article. Il peut être également intéressant de signaler que la métaphore, avant d´^etre typique de l´arrogance francaise, provient de l´épisode de la seconde guerre mondiale. Devant la chasse aux juifs de plus en plus systématisée et l´immigraion massive de juifs de l´Allemagne vers la Suisse (ou le plus souvent d´autres destinations via la Suisse), la Suisse (et non l´Allemagne!) avait choisi de fermer sa frontière en déclarant « Das Boot ist voll », la barque est pleine…

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