Drogues, fascisme et contrôle social: Fausto et Iaio, on ne vous oublie pas!

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Il y a 33 ans jour pour jour…

Lorenzo Iannucci dit "Iaio"

Italie, 18 mars 1978 :  Fausto et Iaio sont tués par des néo-fascistes pour avoir enquêté sur un trafic d’héroïne

Fausto Tinelli et Lorenzo « Iaio » Iannucci ont 17 ans en 1978. Comme beaucoup de jeunes de leur génération, ils participent à la forte vague de contestation sociale qui traverse alors la société italienne. Mais surtout, ils sont en train de mener une enquête de terrain sur le trafic d’héroïne et de cocaïne dans leur quartier, un trafic géré par des organisations criminelles liées à l’extrême-droite milanaise. Avec les témoignages qu’ils recueillent méticuleusement, Fausto et Iaio sont en train de monter un dossier très important… et très gênant pour certains.

Le 18 mars 1978 à Milan en Italie, deux jours seulement après l’enlèvement d’Aldo Moro à Rome par les Brigades Rouges, Fausto et Iaio sont tués en pleine rue par trois hommes armés, alors qu’ils reviennent du Centre Social Leoncavallo. Leur assassinat sera revendiqué quelques jours plus tard par les NAR, un groupe néo-fasciste basé à Rome et lié à la Banda della Magliana, l’organisation criminelle romaine la plus puissante à l’époque.

Fausto Tinelli

Aujourd’hui encore, la lumière n’a pas été faite sur les circonstances précises de ce double homicide. Les contre-enquêtes viennent contredire les enquêtes menées par la justice italienne, et mènent aussi vers la piste des services secrets italiens. Ce qui est certain, c’est que tout aura été fait pour empêcher que la vérité soit établie. Et le dossier monté par Fausto et Iaio disparaitra mystérieusement après leur mort…

Les néo-fascistes au cœur du trafic d’héroïne

Pour comprendre l’histoire de ces deux enquêteurs de 17 ans, il faut absolument la remettre dans son contexte. Alors qu’en 1970 l’héroïne est pratiquement inconnue en Italie, elle deviendra en quelques années une drogue de consommation massive, au point de décimer la jeunesse italienne, y compris (et surtout) la plus rebelle. Dans les quartiers populaires des faubourgs de Rome, Milan, Turin, l’héroïne fait des ravages épouvantables en un laps de temps très court.

Entre 1971 et 1973, l’héroïne est lancée sur le marché italien dans ce qui s’apparente à une véritable opération de marketing (source), avec la bienveillance de l’état, qui mène une campagne anti-drogue tout en facilitant objectivement sa diffusion. Les amphétamines, puis la morphine, apparaissent successivement sur le marché, puis disparaissent brutalement à la faveur d’une pénurie artificielle. Puis l’héroïne commence à être écoulée de façon massive, d’abord à des prix très bas. Ensuite, quand ses consommateurs se comptent par milliers, les prix s’envolent…

Durant toute cette époque, les réseaux néo-fascistes italiens ont été amplement utilisés comme circuits de diffusion des drogues dures. Il est avéré que l’implication de ces mouvements néo-fascistes dans les trafics d’héroïne dans des villes comme Rome ou Milan, s’inscrivait dans une véritable stratégie d’atomisation de la jeunesse prolétaire, avec l’appui de la bourgeoisie. Cette génération,  qui se caractérisait par une volonté marquée de transformer la société, a subi de nombreuses pertes de vies humaines à cause de l’héroïne. Les drogues, d’une certaine façon,  ont été un instrument plus efficace que la répression policière pour désintégrer le tissu social dans lequel se développaient les aspirations révolutionnaires du peuple.

Drogues et contrôle social

Les drogues, légales ou non, en plus d’être une grande source de profits pour les capitalistes, sont des instruments de contrôle social très efficaces. Cela, les fascistes l’ont très bien compris. Ils ont compris, de leur point de vue, quelle est l' »utilité sociale » de la consommation de drogues. Tout en renvoyant chacun à ses responsabilités individuelles face à la dépendance, ils se présentent comme la solution à cette crise morale, et masquent les causes réelles d’un phénomène qui ne peut être compris que si on regarde la société dans son ensemble.

Il n’est donc pas étonnant que, plus près de nous, dans la France de 2011, les fascistes fassent l’apologie de l’alcool, la France étant le pays du vin et de l’apéritif. Tout en fustigeant hypocritement les utilisateurs d’autres drogues, ils vouent un véritable culte à l’alcool, un drogue dure de tradition 100% française dont l’usage est totalement banalisé.

La façon dont nous choisissions de nous détruire – ou pas -, n’est pas une question d’ordre individuel! C’est l’affaire de tous! Cela, Fausto et Iaio l’avaient parfaitement compris. Ils ont perdu la vie car ils effectuaient un travail de réflexion très important.

« No drugs, no alcohol, to get the signal clear! »

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One Comment to “Drogues, fascisme et contrôle social: Fausto et Iaio, on ne vous oublie pas!”

  1. Salut, merci de changer le lien AA36 = piraté !
    et de diffuser l’info

    http://action.antifasciste36.over-blog.com/

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