Lutte contre l’agression publicitaire du Front National

par Comité de Vigilance Antifasciste 62

Avertissements de sécurité d'un détendeur GDF qui étaient masqués par des affiches du FN

Les villes et les campagnes sont régulièrement enlaidies par des invasions de publicités de mauvais goût, comportant des slogans débiles et des couleurs tape-à-l’oeil.

Non contents de donner la nausée aux passants et aux automobilistes, les afficheurs du FN prodiguent généralement ces dégradations barbares à notre espace visuel en toute illégalité, sur des supports où l’affichage est puni par la loi.

Cette justice si prompte à condamner les jeunes artistes muraux du mouvement Hip Hop, semble bien démunie devant ces publicitaires de la haine.

Contre tant d’incivilité et face à l’impuissance de nos forces de répression étatiques, reprenons donc les choses en main, et redevenons des citoyens responsables: arrachons, maculons, défigurons, détournons, bref éliminons cette salissure de nos murs !

Nous allons essayer d’illustrer dans cet article différentes options qui s’offrent à nous selon les cas de figure, et essayer d’en évoquer les principaux avantages et inconvénients.

1- Les flics protègent l’affiche

Option 1 : Les flics protègent l'affiche

Les flics protègent l'affiche

La solution la plus évidente dans ce cas est de ne rien tenter, et de repasser plus tard pour voir si les policiers montent toujours la garde.

On est tout de même en droit de s’étonner de voir les cognes protéger un affichage illégal sur ordre de leur supérieur hiérarchique, mais ça c’est un autre sujet, plus broussailleux.

2- Les autocollants, techniques de base

Technique mixte : grattage et recouvrement

Les autocollants sont un problème que l’on rencontre régulièrement au coin de nos rues, et peuvent s’éliminer de diverses manières, lorsque la solution simple du décollage s’avère impossible.

La plus classique est le grattage, qui s’effectue avec une pièce de monnaie, une clé ou tout autre accessoire métallique pouvant faire office de grattoir. Les ongles sont généralement à déconseiller, par risque de blessures et par manque d’efficacité.

Rapide, cette technique laisse pas mal de résidus, ce qui peut être visuellement intéressant, attention toutefois de bien s’acharner à détruire le message publicitaire.
Elle peut dégrader les supports peints ou fragiles, il faut le noter.

Le recouvrement nécessite de disposer d’autocollants d’un meilleur goût que les autocollants polluants, c’est une technique usitée chez les militant-e-s .

Les avantages principaux de cette technique sont sa rapidité et son aspect « alternative visuelle ». Son défaut majeur est qu’un autocollant collé sur un autre, hé bien ça tient mal…

3- Autocollants: techniques « graphiques »

Destruction à la peinture

Destruction au feutre Posca

Restent enfin les techniques « graphiques » plus classiques, qui se pratiquent à l’aide de marqueurs ou de bombes de peinture. La technique au pinceau, rudimentaire et encombrante, est peu adaptée à notre époque moderne.

Les feutres « Posca » larges sont un bon matériel, ils donnent une grande liberté dans le mode de recouvrement, ils peuvent permettre l’inscription de symboles ou de slogans en remplacement de ceux d’origine, aussi bien qu’un maculage rapide et peu élaboré (illustration ci-dessus).

Ils permettent en outre de rester dans la légalité, en ne débordant pas du support à éradiquer. Pour plus de gaîté, variez les couleurs ! La polychromie peut aussi s’envisager (pour les esthètes uniquement).

Reste le versant abstrait et agressif des techniques à la peinture: le maculage débordant. Particulièrement adapté aux cas d’infestations massives, il se pratique à l’aide de bombes aérosol ou de sprays.

Là pas de détail, on remplace l’autocollant délictueux par une grosse tâche abstraite qui déborde et dégouline.

Loin d’être du meilleur effet visuellement, c’est une arme de sensibilisation des pouvoirs publics, en cela qu’elle pourrit le support d’affichage plus encore que l’autocollant à effacer. Pour illustration, voir les photos « guerre pigmentaire II » plus loin dans cet article. A noter (évidemment) que de tels débordements sont susceptibles d’être réprimés par la justice.

4- Affiches: techniques « amateur »

Affiche dégradée au marqueur

Affiche dégradée au marqueur

Ces techniques se pratiquent généralement au feutre « Posca » large, au marqueur indélébile ou au stylo.

D’une efficacité plus que limitée en matière d’obfuscation de l’affiche, elles sont par contre très riches en matière d’inspiration et de possibilités artistique (détournement, graphisme, slogans, poésie, caricature, etc.)

Chacun ses outils, chacun son tour

Chacun ses outils, chacun son tour

Elles permettent également de laisser le champ libre à d’autres artistes qui pourront ainsi rajouter leur touche à votre oeuvre.

5- Affiches, la méthode de choix : l’arrachage

Arrachage simple

Arrachage simple

Les affiches du Front National c’est comme les champignons : ça pousse toujours au même endroit, et lorsqu’on trouve un nid on est sur d’en trouver d’autres à proximité.

La méthode la plus classique d’élimination de ce péril optique est bien  évidemment l’arrachage, méthode rapide, expéditive et discrète à la fois.

Dans les cas faciles tout au moins. Les cas difficiles seront évoqués dans le point suivant.

Lorsque le support ne la supporte pas, que la colle ne colle pas, que l’afficheur a mal affiché, ou bien quand l’affiche est fraîche ou détrempée,  l’arrachage est un jeu d’enfant, il suffit de trouver une prise (bulle d’air, bord décollé…) pour qu’elle vienne facilement, dans le pire des cas en plusieurs lambeaux.

Arrachage par lots

Arrachage par lots

Un cas de figure tout aussi agréable est celui des arrachages par lot de ces accumulations d’affiches collées les unes sur les autres, parfois sur des centimètres d’épaisseur.

Il est alors aisé d’arracher une des affiches du dessous, qui entrainera avec elle les vilaines photos du dessus qui nous gâchent le paysage.

Si on travaille assez salement, il reste alors plein d’irrégularités d’épaisseur d’affiches, qui permettront de compliquer et de rendre moins efficace le prochain affichage nauséabond  à cet endroit. Et par voie de conséquence, qui faciliteront aussi son arrachage ultérieur.

Un outil intéressant pour ces arrachages en particulier est un gros tournevis plat, large, à longue tige.

Il permet de transpercer les couches d’affiches supérieures, de décoller, de prendre prise et de déchirer les couches d’affiches inférieures en faisant levier, ce qui a pour effet d’entrainer de plus grandes épaisseurs d’affiches d’un coup, et d’augmenter encore l’irrégularité du résultat final.

Les détritus biodégradables résultant de ces arrachages peuvent être laissés au sol, pour signifier par exemple aux agents municipaux que vous avez fait leur travail à leur place. Et que pour ne pas leur voler leur boulot, vous leur laissez le bordel à ramasser…

Pour les plus écolos d’entre nous, vous pouvez évidemment vous munir de sacs poubelles pour ramasser et déposer ensuite ces ordures où que de droit. Cela sera sans doute un point positif en cas de contrôle de votre activité par la maréchaussée.

Restent enfin les cas d’affiches problématiques: celles qui collent bien, et celles qui sont hors de portée. Une seule solution dans ces cas, la guerre pigmentaire !

6- Guerre pigmentaire I : les cas courants

Affiches peintes : mode artisanal

Affiches peintes : mode artisanal

Malheureusement, parfois le support supporte, la colle colle, le colleur sait coller, il n’a pas plu, et il n’y a pas d’affiches sous-jacentes pour aider à l’arrachage.

Dans ce genre de cas l’arrachage prend entre 5 minutes et un quart d’heure, ce qui n’est pas de bon aloi dans notre société où la productivité est de mise.

La seule solution revient encore une fois à nos amis les pigments. Bombes de peinture et sprays d’encre sont des outils adéquats et rapides.

Dans l’exemple en photo ci-dessus l’artiste a fait un travail éclair, qui met bien en valeur le regard vénéneux de notre modèle, tout en éliminant les grossièretés graphiques et typographiques d’une manière épurée et linéaire.

Dans le même esprit voici une autre oeuvre qui comporte un aspect de challenge quantitatif, assez brillamment dépassé :

Affiches peintes : mode industriel

Affiches peintes : mode industriel

Dans sa fougue qui l’emportait l’artiste aurait-il par contre oublié une moustache, ou s’agît-il d’une omission volontaire, nous ne le savons pas.

Toujours est il qu’il a su transcender l’impression de linéarité qui apparaissait dans l’oeuvre précédente, pour le plus grand bonheur des petits et des grands.

Avant de passer aux cas extrèmes, notons que sur des quantités plus artisanales de recouvrements à la peinture, un allié de poids en matière artistique peut être notre ami le pochoir, qui permet de faire des travaux à la finition plus précise et formatée.

7 – Guerre pigmentaire II : Les cas extrèmes

Cas extrème en début de traitement

Cas extrème en début de traitement

On voit souvent fleurir des affiches hors de portée, collées sur des supports lisses en hauteur, et pour lesquelles les seules solutions sont l’escalade ou le barbouillage à distance. La deuxième solution s’impose évidemment lorsque l’escalade est impossible (piles de ponts par exemple), nous n’évoquerons donc que celle là.

Cette technique de barbouillage à distance nécessite un minimum de matériel :

-pour les maniaques de la finition : un rouleau de peinture à manche télescopique de 3 mètres, et le pot de peinture qui va avec (méthode antique).

-Pour les autres, un pulvérisateur horticole/agricole et un mélange pigmenté liquide (peinture et/ou encres) (méthode moderne).

La méthode antique se passant d’explications, abordons directement la méthode moderne, le maculage débordant en altitude :

Il existe dans le commerce des pulvérisateurs pour plantes, où plutôt que d’appuyer répétitivement sur la gâchette pour pulvériser, on pompe de l’air qu’on injecte dans le pulvérisateur avec un piston pour le mettre en pression. On n’a plus avec ces machines merveilleuses qu’à appuyer sur la gâchette pour avoir un flux continu de liquide tant qu’il y a de la pression.

Lorsque le gicleur de l’appareil est réglé sur gos débit (dévissé), on a alors l’équivalent professionnel des pistolets à eau à piston si appréciés des gamins, avec une portée variant de 4 à 6 mètres selon la qualité du matériel et la viscosité du mélange pigmenté.

Cas extrème en fin de traitement

Cas extrème en fin de traitement

Pas la peine de faire un dessin: on remplit, on pompe, on vise, on appuie sur la gâchette… et une affiche est rapidement masquée, avec des effets de coulures et d’éclaboussures du plus bel effet.

Pour conclure avec cette méthode il y a plusieurs choses à signaler:

– Comme pour le maculage débordant d’autocollants, le fait de pourrir le support autour de l’affiche peut être mal apprécié par les répresseurs.

– Lors de tels maculages en altitude, une fine pluie de gouttelettes pigmentées retombe pendant quelques secondes à cause des éclaboussures sur le support et du manque d’homogénéité du jet. Il est important de surveiller le sens du vent, d’avoir des habits qui supporteront ces projections de peinture, et de prévoir une capuche, un masque et/ou des gants pour ne pas se peindre la peau et les cheveux. Des solvants pour se nettoyer peuvent être une bonne idée aussi.

8 – Technique expérimentale à la graisse végétale

Graisse végétale pour frites (et pour affiches)

Graisse végétale pour fritures (et affiches!)

Voici enfin une nouvelle technique qui peut s’avérer intéressante en cette période électorale, propice aux affichages intensifs sur supports adaptés.

Bien qu’expérimentale, il est probable qu’elle soit d’une efficacité redoutable, car elle permet de préparer le terrain pour des actions d’arrachage ultérieures facilitées.

Le principe en est simple :
– Appliquer à l’affiche visée un des traitements décrits précédemment dans cet article. Les plus adéquats devraient être dans ce cas les méthodes pigmentaires à séchage rapide (marqueur).
– Appliquer sur l’affiche ainsi dégradée une quelconque graisse végétale (graisse à frites en blocs, huile végétale en spray ou au pinceau).
– Les affiches de remplacement collées par dessus votre travail artistique devraient alors coller aussi bien sur ce support gras qu’un glaçon essayant de s’accrocher sur une surface en Téflon.
Cela devrait faciliter grandement leur arrachage sans effort, si les colleurs ne prennent pas soin de passer leur support au savon avant leur collage.

Il va sans dire que l’application de cette technique n’est pas forcément très légale sur les affichages électoraux officiels…

Pour conclure cet article, rappellons que les publicités du FN ne sont pas les seules à pouvoir être visées par ces techniques, qui peuvent indifféremment s’appliquer aux pollutions visuelles de toutes sortes, qu’elles soient fascistes, fascisantes ou simplement publicitaires.

Vos retours sur expérimentations, vos nouvelles idées techniques ou vos améliorations des méthodes décrites ici, sont évidemment les bienvenus en commentaires à cet article.

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