…
Le Cri du Coron, collectif antifasciste Bruaysien
Ci-dessous un extrait d’article de la Voix du Nord qui présente le Cri du Coron, un collectif antifasciste de Bruay et environs.

[Cet article mérite d'être souligné pour son objectivité, car d'ordinaire le groupe de presse de la Voix du Nord a une ligne éditoriale qui consiste à
- donner un tribune au Front National et faire de la publicité à Marine Le Pen (oui à ce stade-là ça s'appelle de la publicité).
- jouer sur la peur de l'extrême-extrême-droite pseudo-révolutionnaire (Front Solidariste) pour mieux mettre en avant l'extrême-droite électoraliste (Front National).
- ridiculiser des initiatives antifascistes légitimes, quitte à avoir des néo-nazis en couverture.
Il y a peut-être encore à la Voix du Nord des journalistes qui dévient un peu de la ligne éditoriale (une ligne éditoriale qui favorise objectivement la progression du fascisme). Après tout nous vivons dans une démocratie bourgeoise, ce qui explique qu'il subsiste un certaine "liberté de ton" dans la presse. Mais nous ne sommes pas dupes, la presse bourgeoise n'est pas antifasciste. ]
Le Cri du coron, un nouveau collectif antifasciste engagé dans une « drôle de guerre » avec la très discrète Maison des ouvriers
dimanche 19.02.2012, 05:07 – La Voix du Nord
En réaction à l’inauguration annoncée par l’extrême droite identitaire d’une Maison des ouvriers à Bruay, un nouveau collectif d’opposition vient de voir le jour. Son nom : le Cri du coron.
Composé de jeunes militants bruaysiens, houdinois, divionnais se revendiquant de la mouvance antifasciste, ce groupe entend maintenir la pression sur la Maison des ouvriers et contrecarrer ses agissements. Sauf que pour l’instant, il ronge son frein, cantonné à une « guerre » virtuelle sur Internet et les murs de la ville à coups d’affiches et de graffitis.
Ses géniteurs avaient annoncé son implantation à Bruay avec roulements de tambour, le torse bombé. Après la Maison de l’Artois à Auchel, la Maison des ouvriers de Bruay allait étendre l’influence de l’extrême droite identitaire en sol mineur et servir de « base politique pour tout le bassin de l’Artois », déclarait début janvier le Front populaire solidariste (FPS), groupuscule d’extrême droite proche de la Maison flamande de Lambersart.[...] Or depuis cette annonce retentissante, rien, ou presque. En dehors d’une campagne d’affichage sauvage orchestrée dans la nuit du 6 au 7 février par le mouvement d’extrême droite Troisième voie, la ville n’a subi comme seuls « dégâts collatéraux » qu’une éclosion de graffitis. La « guerre » annoncée entre les deux camps se résumant à un jeu du chat et de la souris largement commenté sur Internet.
À Bruay, un nouveau collectif d’opposition aux identitaires vient toutefois de voir le jour. Le Cri du coron – c’est son nom – est constitué de jeunes du Bruaysis réunis en association. « Nous sommes un comité de vigilance de Bruay composé d’une trentaine de jeunes, indiquait hier ce membre actif. Le Cri du coron, à la base, était un fanzine, né en 2001. On reprend le flambeau pour informer la population et mener une lutte de tous les instants contre ces nazillons. Nous voulons couper l’herbe sous le pied à Claude Hermant et ses sbires en aidant les gens à les démasquer. Après, chacun prendra ses responsabilités. En attendant qu’ils se manifestent, on surveille leurs agissements. C’est calme en ce moment, mais le risque de débordements violents existe. Un conce rt sera bientôt organisé à Bruay ou aux alentours pour nous faire connaître ».
« Tactique sous-marin »
Face à cette opposition qu’ils raillent allégrement sur le Net, les identitaires, qui promettaient à leurs adversaires politiques « une année 2012 difficile » et une inauguration en grande pompe de la Maison début février, tardent à avancer à visage découvert… L’échec apparent de leur implantation auchelloise, et le souvenir de la résistance physique que leur avaient opposée leurs détracteurs cet été sur le marché d’Auchel, les conduiraient-ils à faire profil bas ? Joint au téléphone, Claude Hermant balaie les arguments d’un revers de main et assume une discrétion stratégique qui porterait ses fruits. « La Maison de l’Artois compte 120 adhérents. Elle avance bien. Mais vu l’hostilité à notre égard, on a opté à Bruay pour la “tactique sous-marin” et les réunions Tupperware® (sic). Nous avons 15 membres actifs à Bruay qui se réunissent efficacement.
Cinquante autres sont pressentis. On arrive ici pour mettre fin aux magouilles et au clientélisme. L’inauguration de la Maison des ouvriers aura lieu avant la fin février, mais en secret. Les journalistes, triés sur le volet, devront s’engager à ne pas révéler le lieu où nous sommes installés. » •
ARNAUD DÉTHÉE
Zeev Sternhell : Pour les fascistes, la révolution peut être politique et culturelle, sans toucher à la structure du capitalisme
La région Nord-Pas-de-Calais, parce qu’elle est la première région ouvrière de France, est actuellement la cible de l’agitation des fascistes de tendance nationaliste-révolutionnaire (Vlaams Huis, Opstaan) : défilé en octobre à Lille du “Front Populaire Solidariste” avec le mouvement Troisième Voie de Serge Ayoub et les belges de Nation, communication bien relayée par la presse bourgeoise autour de la création d’une “maison de l’Artois” à Auchel et d’une soi-disant “maison des ouvriers” à Bruay-la-Buissière, et bientôt une marche lilloise en hommage à Jeanne Maillotte.
Pour abattre le fascisme et les fascistes, il est essentiel de comprendre la culture fasciste. Car le discours “solidariste” des fascistes locaux ne tombe pas du ciel. Au contraire il est issu en droite ligne de la tradition fasciste française. Même si les discours des Serge Ayoub et des Claude Hermant sont encore assez mal rodés et inévitablement “sonnent faux” auprès des masses, on y reconnait sans aucun doute l’influence des fondateurs de l’idéologie fasciste moderne (Georges Sorel, Henri de Man, Marcel Déat…)
Les analyses de l’historien Zeev Sternheel sont d’une aide très précieuse pour celles et ceux qui désirent combattre le fascisme au quotidien, et comprendre la stratégie hésitante des fascistes, ses atouts et ses faiblesses, dans la réalité locale.
Voici donc une courte vidéo où Zeev Sternhell nous parle de ces “révolutionnaires” de droite qui n’ont de révolutionnaire que le nom, et qui n’aspirent qu’à conserver l’ordre économique et social existant, en opérant tout au plus un changement de paysage politique et surtout en substituant la culture fasciste à la culture bourgeoise traditionnelle:
En 2012,
Combats les fascistes,
Combats le fascisme,
Fais vivre la culture antifasciste!
PS, FN, “scandales”, “affaires” et “révélations” dans le Pas-de-Calais…
Ces derniers temps, la fédération du Parti Socialiste du Pas-de-Calais a encore fait parler d’elle pour des affaires de “corruption”.
Le député-maire de Liévin Jean-Pierre Kucheida serait au centre d’un système de financement occulte du PS à l’échelle régionale, selon les “révélations” de Gérard Dalongeville, ancien maire PS d’Hénin-Beaumont (lui-même mis en examen pour détournement de fonds publics).
Dimanche dernier, Marine le Pen a donc profité d’un discours de campagne pour s’emporter avec des trémolos dans la voix contre une gauche qui “a tout abandonné, [...] tout trahi, [...] aujourd’hui corrompue jusqu’à la moelle par l’argent et le pouvoir”.
A vrai dire, ce énième “scandale”, assez discrètement relayé par la presse bourgeoise régionale, n’apporte pas grand chose de nouveau à ce que nous savons déjà:
La fédération PS du Nord-Pas-de-Calais est la plus importante de France, et bénéficie d’une position hégém
onique au niveau des collectivités territoriales, de la gestion de “l’intercommunalité”, des “sociétés d’économie mixte”, etc.
Les militants des sections PS du Pas-de-Calais appartiennent pour la plupart à la petite-bourgeoisie, et on peine à voir en eux des représentants de la classe ouvrière. Pour de nombreux jeunes adhérents des Jeunesses Socialistes, la vie militante laisse entrevoir la promesse d’une carrière professionnelle : un mandat d’élu pour les plus ambitieux, un poste administratif au Conseil Général pour les autres.
Dans certaines villes du bassin minier, personne n’ignore que pour avoir du travail ou un logement, il vaut mieux prendre sa carte au PS. Quant au système de gestion des anciennes maisons des mines (Soginorpa, Adévia…), il ressemble désormais davantage à une gigantesque société immobilière destinée à dégager du p
rofit (via des projets de constructions neuves ou des “cessions” de terrains), qu’à un organisme de logement social…
C’est ce fonctionnement qui avait d’ailleurs poussé le FN à faire d’Hénin-Beaumont son laboratoire dans la région, car c’est dans cette ville que ce système était le plus caricatural.
Le copinage, le piston, le favoritisme dans l’attribution des marchés publics, les pots de vin, les détournements de biens publics, les dépenses somptuaires, les voyages, les voitures de fonction, les restaurants payés avec de l’argent public… Tout cela fait tellement partie du paysage de la “démocratie” parlementaire bourgeoise telle que nous la connaissons, qu’il devient difficile de déterminer le moment où la ligne est franchie, le moment on peut parler de “dérives du système” ou de “scandale”. C’est pourquoi les cadres nationaux du PS hésitent aussi longtemps avant se désolidariser des “barons” locaux qui “déconnent” de façon un peu trop voyante (Guérini, Kucheida…).
En réalité, c’est l’occasion qui crée le scandale ( par exemple, un élu ayant des ennuis judiciaires entraine dans sa chute un de ses pairs). Un scandale n’est que la version la plus voyante du clientélisme et de l’affairisme qui sont totalement organiques à un système politique français en pleine décomposition. Les faits économiques dictent les faits politiques, c’est pourquoi il est juste de considérer les institutions politiques françaises actuelles comme le comité d’affaires de la bourgeoisie.
En réalité, le FN est sur un pied d’égalité avec le PS en matière d’”affaires” et de “scandales” : qu’on se souvienne d’Orange, Toulon et Marignane, des villes où les élus FN se sont illustrés par leur gestion catastrophique et de nombreuses affaires… Faut-il rappeler les dettes monstrueuses, les chantiers pas finis, l’affaire Poulet-Dachary, les détournements de fonds publics, etc. etc.?
Malgré la réthorique et les effets d’annonce, le FN n’a aucun intérêt à transformer le système, si ce n’est pour le rendre plus opaque et encore moins démocratique. Car comme le PS, le FN ne défend pas les intérêts de la classe ouvrière, mais ceux d’une bourgeoisie incapable d’apporter des solutions à la crise économique, écologique et sociale que nous traversons.
Alors contre le fascisme, une seule solution : auto-organisation!
Crée ton groupe autonome et organise la résistance antifasciste!
Le 19 novembre, toutes et tous dans la rue pour défendre le droit à l’avortement
RDV le samedi 19 novembre à 13h30 devant de planning familial de Lille (avenue Kennedy) pour faire taire les réactionnaires de SOS touts petits !
Ce samedi 19 novembre comme tous les ans, l’association catholique d’extrême-droite SOS Touts Petits organise des “rosaires” devant les plannings familiaux de plusieurs villes de France. Ces prières ne sont qu’une des méthodes employées par SOS Touts Petits dans le but d’empêcher les femmes d’avoir accès à l’avortement.
Le droit des femmes à l’avortement, le droit des femmes à disposer de leur corps, le droit des femmes à avoir le choix, sont des revendications qui doivent être partagées par tous les progressistes.
Au delà de l’accès à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) les plannings familiaux sont des lieux où toutes les femmes peuvent trouver de l’information et des conseils sur la sexualité et la contraception. Les centres de planning familial sont des lieux d’écoute où les femmes peuvent se confier et parler librement. Loin de contribuer à augmenter le nombre d’IVG, les centres de planning familial permettent au contraire aux femmes de mieux connaitre leur corps et d’utiliser des méthodes de contraception adaptées.
Mais ces droits spécifiques aux femmes, qui ont été acquis de longue lutte, sont de plus en plus fragiles : en France ils sont constamment remis en cause (diminution des crédits, fermetures de centres, manque criant d’accès à l’information, jeunes femmes abandonnées à leur sort…) A l’échelle mondiale, la situation est alarmante : le droit des femmes à disposer de leur corps est encore loin d’être une réalité.
C’est pourquoi le CVA62 appelle touTEs les progressistes à se joindre au contre-rassemblement qui aura lieu le samedi 19 novembre à 13h30 devant le planning familial de Lille (avenue Kennedy) pour défendre:
-Une meilleure information et un meilleur accès à la contraception et à l’IVG
- Le droit pour chacun-e de disposer librement de son corps et de s’épanouir dans la sexualité qu’elle/il choisit.










